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Heure de pointe [Alexander Miller]

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Nils Erling
Gérant du Quiver - Barman - Habitant
Dim 3 Juil - 18:49

Heure de pointe
feat • Alexander Miller
J’essuyais tranquillement les verres, tandis que d’un œil je surveillais l’horloge. Bientôt 20h, les clients allaient commencer à affluer. Seuls trois personnes discutaient dans le fond de la salle en grande partie vide pour le moment. On était vendredi, et je savais pertinemment que cela allait être une grosse soirée. Une fois le weekend entamé, tout le monde sortait de chez soi pour boire un coup ou manger en ville. En fait, cela ne changeait pas grand-chose de l’autre vie. Travailler dur pour tout dépenser dans les bars… Voilà qui m’arrange bien.

Les soirées étaient certes épuisantes, mais il faut noter aussi qu’avoir ses journées de libre, c’est vraiment pas mal. C’est une vie assez à part en fait. On travaille quand les autres font la fête ou dorment, et on dort quand les autres commencent leur journée.

Je jetai un coup d’œil sur les trois clients du bar, un homme qui en draguait deux autres visiblement, avec déjà un coup dans le nez. Ces derniers semblaient plus en rire qu’autre chose. C’était une chose à laquelle je m’étais finalement habitué. En partie. Disons que je n’en suis pas encore à passer le cap avec un homme, pas après une vie où je n’ai côtoyé que des femmes.  

Un nouveau client venait de rentrer alors que je rangeais mes verres propres. Louis ou Luigi, son nom m’échappe, il ne vient que depuis une semaine pour s’oublier tous les soirs dans l’alcool. Un cas très intéressant de traumatisme post-mortem. Perdu femme et enfant en arrivant ici, il parle sans cesse de sa vie d’avant. C’est en voyant cela que je suis bien content de n’avoir eu que peu de lien dans ma vie d’avant, je ne manque à personne, et peu de personnes me manquent.

Je soufflai, légèrement désespéré en voyant cet habitué s’installer au bar et demander une bière. Comme à chaque fois. Quoique cette fois il avait raté l’ouverture du bar, deux heures plus tôt. Y avait-il eu enfin du changement ? Je souriais tandis que je lui servais sa bière, pour ne pas changer les habitudes. Une fois qu’il aurait une bière ou deux dans le nez, il commencerait à parler de sa vie d’avant. J’espérais en partie que mon jeune collègue prendrait le relais et m’éviterait cette corvée. Il ne devrait pas tarder après tout, l’heure de pointe n’allait pas tarder et sans lui, j’allais crouler sous les commandes.
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Alexander Miller
Employé du Quiver - Barman - Etudiant
Dim 3 Juil - 19:46
Heure de Pointe
Feat Nils Erling

P’tain de p’tain d’bordel d’merde ! Massacrante. J’étais d’une humeur massacrante. En pleine descente, en plein bad trip. Les nerfs à vif…j’en avais raz l’cul. J’pouvais plus profiter d’ma piaule tranquille, maint’nant qu’je devais supporter un putain d’con. Enfin, ok, j’sais pas encore vraiment si j’peux me l’encadrer ou non…Mais quand même, y’a qu’un lit merde ! Alors, autant l’dire…J’dors mal. Associé au fait que j’ai plus d’herbes à fumer…et au fait qu’un d’mes profs me fait chier pour qu’j’aille « enfin » au cours de « sexualité ». Non mais sérieux ?! J’suis ni BDSM moi, ni branché pédé !

Clopant une clope fade, terne, j’avançais dans les rues menant au bar. Le Quiver saura m’détendre j’espère. L’ambiance feutrée, les clients calmes, la musique d’fond. Cela m’change des bars de Vegas…et puis, Nils est pas une p’tain de pédale qui m’drague sous prétexte que mon look fait d’moi un potentiel bon coup d’bites.

Me faufilant jusqu’à la rue de derrière, entrée du personnel, mon regard se perd sur les pierres. J’écrase alors mon mégot dans l’cendrier prés d’la porte, caché dans un renfoncement. Ceci, avant d’simplement ouvrir la porte d’métal.
C’est dans la partie des employés qu’j’arrive. M’dirigeant au vestiaire, j’suis silencieux. Mes pas ne sont jamais bruyant…l’silence m’a trop souvent accompagné. J’revois, quand j’ferme les yeux, des scènes de ma vie passée…de ce bordel qui me dégoûte. De ma vie d’merde. Si seulement j’avais de quoi planer un bon coup ! La retombée, c’est toujours l’pire…
Je retire mes fringues « farfelues », le noir côtoyant des formes géométriques de couleurs variables. Les lanières de tissu faisant s’relier les parties d’mon haut, ou d’mon fute. Je soupire, alors que j’enfile la chemise d’un blanc pur. L’gilet noir sans manche, cintré une fois boutonné. Mon pantalon droit, mes chaussures cirées. Ma cravate noire suivait l’reste. Ceci fait, mes fantaisies se rajoute : un pin’s de jeton de Vegas à la cravate : discret mais de couleur rouge. Un cache œil blanc, plutôt qu’mon œil de verre troublant, avec un motif d’as de pique. Relevant un peu ma chevelure, un catogan vint se faire dans mes cheveux, ne laissant plus que quelques mèches pour encadrer mon p’tain d’visage.

Enfin paré, je fermais mon casier et m’dirigeais vers l’bar en lui-même. Une main dans la poche, il était clair à mes traits que ben, j’passais pas un bon moment. Qu’j’avais les nerfs à vif. Et qu’un p’tain d’rien m’ferait péter un plomb. Inspirant, et expirant : je quittais l’office des employés et j’avisais la clientèle : me situant déjà derrière le comptoir.

J’tiquais sur l’gros lourd, mais j’allais plutôt voir Nils. Ajustant mes gants blanc qui terminait mon uniforme…j’l’aime bien cette t’nue malgré son côté sobre.
Glissant mes doigts sur l’bar, j’eu un p’tit sourire fugace avant d’reprendre ma gueule peu av’nante : il est doux, propre comme tout. J’l’adore pour ça. J’remarque qu’Nils sert un type, une bière simple.
Saluant d’un simple geste d’la tête, j’ajoutais :


« J’suis pas en r’tard au moins ? »

Merde, j’ai écorché l’début ! Mon accent pourri avait parlé…le fait qu’je mâche des p’tains d’mots. Quand j’suis sur les nerfs, j’parle rarement bien…Mais la zik d’fond me calme un peu. L’fait d’être « sobre » d’vrait pas trop m’faire péter un plomb : j’espère.


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Nils Erling
Gérant du Quiver - Barman - Habitant
Dim 3 Juil - 21:29

Heure de pointe
feat • Alexander Miller
C’est ainsi qu’arrive Alexander, l’étudiant qui travaillait à mi-temps dans mon bar. Ce petit jeune, je ne savais pas trop comment le cerner au début. Il a tout du rebelle qui se sent mal dans sa peau. Dans son boulot, il est toujours bien fringué, d’un autre côté, il n’a pas vraiment le choix, mais je suis toujours légèrement surpris quand j’ai l’occasion de le voir dans  ses vêtements quotidiens. Disons que ses goûts différent carrément des miens. Mais il avait déjà de l’expérience, et quelques jours d’essais m’ont convaincu. C’est donc naturellement que je lui souris, passant outre son accent si typique. Il avait l’air de mauvais poil, je n’allais pas en rajouter, sinon j’allais finir le service seul.

« Non ça va, il n’y a pas encore grand monde. »

Je l’observais du coin de l’œil, qu’est ce qui le mettait de mauvaise humeur ? Encore une histoire à l’école ? Il s’est peut être fait dragué ? Faut dire qu’il s’énerve vite ce bonhomme, tout l’inverse de moi.

Le ding de la porte me signale l’arrivé de nouveaux clients. Un couple apparemment, au vu du rapprochement certain entre les deux. Eux, je les croise pas souvent ici, ils doivent venir une fois par mois à peu près. Mais ils n’étaient pas aussi proches auparavant. Un nouveau couple sans doute. Je lâche un bonsoir tout sourire, pour pas changer, alors qu’ils s’installaient au bar, à l’opposé de mon pleurnichard de la semaine qui réclamait une autre bière. D’un mouvement de tête, j’indiquai à Alex de s’occuper du « veuf » pendant que je prenais la commande du nouveau couple. Je connaissais l’amour que portait mon collègue pour les homosexuels, je lui épargnais le premier couple de la soirée, et je m’épargnais moi-même une conversation avec le soulard que je me trainais depuis le début de la semaine.

Un cosmopolitan et un Daïquiri plus tard, je revenais vers Alexander, essuyant un verre sale avec mon torchon. Sans le regardait, j’allai à la pêche aux informations :

« Alors, qu’est ce qui te met de mauvais poil aujourd’hui ? »

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Alexander Miller
Employé du Quiver - Barman - Etudiant
Lun 4 Juil - 12:10
Heure de Pointe
Feat Nils Erling

J’me calmais légèrement, car il n’avait rel’vé ni mon accent des rues, ni l’fait que j’avais potentiellement 2-3 minutes d’retard. J’suis aussi maniaque du rangement, que d’la ponctualité. Faut dire qu’un créneau horaire, ça peut t’sauver la mise. Quand j’devais tuer des gens, j’avais une fourchette serré, sans quoi, j’me foutais dans la merde.
Alors, j’avais hoché la tête, et j’m’étais emparé d’un torchon propre dans l’coin parfaitement bien taillé pour les torchons. Là où ils sont tous bien pliés. Franch’ment, ce bar m’fait du bien. Parfois, j’me d’mande pourquoi j’reste dans cette académie. Car on r’fuse que j’en sorte sans diplômes ? Car j’crains d’péter un plomb avant la fin sinon ? J’sais plus, et cela m’fais péter un plomb autant qu’le manque de détente herbeuse.

Le son d’la clochette d’entrée m’fit tourner la tête vers la porte. J’saluais l’couple entrant d’un signe de tête : me retournant vers les verres pour lâcher une grimace d’dégoût. Détails sur l’lieu en fait : j’pense qu’j’aurais trop d’mal à travailler non-stop ici. On voit trop d’dragouille entre tafioles. La gerbe assurée. Et j’ai jamais répondu aux p’tains d’annonces d’boîtes de nuit car sérieux : voir des mecs s’coller-serrer sur des pistes d’danses de zik élektro : ça m’f’rait péter une durite sérieux !
Je pris alors note, dans la vitre du bar, du geste vers le type amorphe du coin. Tiens, lui, j’l’ai jamais vu. C’est probablement un nouveau…ou un type qu’est pas à mes horaires d’coutumes. Je tique à sa demande d’bières, vu son état…deux d’plus et il sera au fond du trou l’mec.


« Ma femme…Ma fille… » Entendis-je en murmure, alors qu’il avait les larmes aux yeux.

Oh et, un bar, c’est fait pour aller mieux gars. Pas pour ruiner l’ambiance p’tain ! C’est comme si la lumière tamisée d’l’ambiance du bar terminait noir autour d’lui. Glauque. Ses fringues, elles étaient décrépies. Ouais, il doit pas roulé sur l’or l’mec.
Pendant qu’mon boss gérait l’couple, je prenais un sling : un verre à bière quoi. Mais j’versais un fond d’cidre dedans : un assez doux d’ailleurs. Avant d’complèter avec d’la Guiness fraîche sans trop faire mousser. Au moins, ça déborde pas. J’lui filait, son regard torve et incompréhensible m’regardant. Lui, au moins, c’est un mec qu’aime sa p’tain d’femmes…


« Cela sera plus doux pour vous…
- Mais…J’ai pas les sous pour un…
- C’est bon, c’est un Poor Man’s Black Velvet : il sera compris comme une bière. Mais sérieux, faudrait qu’vous arrêtiez d’pleurer. La clientèle elle va s’barrer après… »


Oui, j’l’avais coupé. Oui, j’avais pas trop-trop fait d’effort pour parler. Et mon visage était resté fermé. Juste, l’ton ma voix était bas, assez « feutré » pour qu’il soit l’seul à m’entendre : et peut-être un peu le patron aussi.
Enfin, voir qu’un homme pouvait encore pleurer une femme…J’sais pas, ça m’rassurait ? Me retournant vers l’chef pour nettoyer un peu la vaisselle, j’étais moins tendu. Mais j’étais toujours pas au mieux. En fait, j’crois qu’je l’enviais ce type chialant. Moi…J’l’ai pas pleuré…j’l’ai juste vengé avant d’me faire tuer après tout. Et le fait de plus être sous trip me faisait me rappeler dans quel état je l’avais retrouvé, lorsque cette enflure avait décidé d’la faire zigouiller. Bordel…Ce simple souvenir m’remontait la rage. Et si ce crevard avait fini dans s’monde ? J’crois que j’péterais un plomb et l’tuerait d’nouveau.

La question d’Nils me ramena sur Terre, si on peut penser que ce lieu est sur « Terre ». J’avoue que j’fus assez surpris pour l’coup. Merde, j’pensais l’avoir bien caché…


« J’croyais avoir sût l’dissimuler…Fais chier. » Que j’murmurais.

L’aidant en rangeant les verres, mon regard s’fit plus sombre alors que j’ajoutais :


« J’pense que si j’te dis que c’est juste les cours…tu vas savoir que cela suffit pas. Mauvaise journée d’souvenirs d’merde. En fait, j’me demandais comment on fini ici. Et si même les pires enflures qu’on a put connaître s’y r’trouver. »

Ma voix était qu’un souffle. Ouais, mon regard glissant sur l’pleureur : j’me disais qu’il avait réveillé des pensées que j’avais même pas eut d’façon consciente d’puis un an. Puis, r’gardant Nils j’ajoutais :

« Dit, si ta meuf d’ton autre vie revenait en mec : tu f’rais quoi ? Car j’me dit, ce type : si sa femme s’pointe ici…tu crois qu’il s’ra heureux ? »

D’ailleurs, parfois j’me dis : c’est quoi d’être « heureux » réellement ? …Mon regard, plus sombre surtout avec sa teinte rougeoyante, laissé probablement comprendre de ma question muette. Mais je détournais rapidement l’visage vers les verres, sur mon travail, ne voulant pas qu’Nils en lise trop d’ssus. J’suis pas aussi doué que d’habitude sur mes expressions faciales…

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Nils Erling
Gérant du Quiver - Barman - Habitant
Lun 4 Juil - 21:12
D’un œil, je regardais mon employé servir le Black Velvet du pauvre à mon habitué de la semaine. Je soupirai silencieusement, mais n’en dis rien. Ce n’était sans doute pas une mauvaise chose, mais si on commençait à faire ça pour tous les clients… Mais passons pour cette fois, tant que cela ne se reproduisait pas.

Je ris intérieurement quand Alex avoua qu’il pensait avoir réussi à dissimuler sa mauvaise humeur. J’ai des années des années d’expérience dans le déchiffrage de pensée, formation obtenue dans une vie de barman pour personne voulant se perdre dans l’alcool. Le moindre détail ne m’échappe pas, mon cher ami. Du moins la plupart du temps, et là je dois dire que c’était assez flagrant. Au moins, il avait la gentillesse de ne pas me raconter d’histoire, car une excuse à propos de ses cours ne n’aurait clairement pas suffit à rassasier ma curiosité.

Le plus jeune se demandait juste pourquoi on avait fini ici, pourquoi pas d’autres, assaisonnés d’autres souvenirs passablement désagréables apparemment. Il semblait aussi y avoir des personnes qu’il ne souhaitait pas revoir ici… En y réfléchissant un peu, à part peut-être la fille que j’avais sauvé, du moins que j’espère avoir sauvé –ça serait encore plus con que je n’ai pas réussi-, il n’y a personne que je redoutais de croiser ici. Et encore, cette dernière, ça serait juste parce que je serais dégouté de la voir là alors que je lui avais sauvé la peau. J’haussai les épaules, ne sachant trop quoi y répondre. Cela ne me préoccupait absolument pas. En revanche la question qu’il me posa ensuite me fit réfléchir un coup. Si ma meuf de mon autre vie revenait en mec… Mes relations étaient tellement banales qu’aucun visage ne me revenait en mémoire. Des coups d’un soir, des relations d’une semaine, d’un mois tout au plus… Rien de bien marquant. Elles n’en valaient jamais vraiment la peine. Mais si la personne que j’aimais arrivait ici, peu importe sa tête, tant qu’elle était là. Bon ok, il faudrait sûrement un bon moment d’adaptation, mais je ne dirais pas non.

« Eh bien, je pense que… je pense que ça changerait pas grand-chose. Bon ok, il me faudrait un bon moment d’adaptation, mais je pense que je ferais avec. Après est-ce que lui serait heureux… Tu peux toujours lui demander.Après ce n’est pas tout le monde qui serait de mon avis, n’est-ce pas ? »

Ah ça non, je voyais mal Alexander être du même avis que moi à ce sujet. J’espérais quand même qu’il change d’avis un jour, vivre seul n’avait rien de marrant, et il pouvait toujours attendre avant de voir apparaitre une femme ici.
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Alexander Miller
Employé du Quiver - Barman - Etudiant
Lun 26 Sep - 15:20
Heure de Pointe
Feat Nils Erling

Rah, j’peux jamais savoir ce qu’il pense l’patron. Mine de rien, j’pense aussi que c’est pour ça que j’l’apprécie. J’peux pas savoir les choses justes en l’regardant. Enfin, son haussement d’épaules m’fit légèrement sourire. Un sourire un peu amer, j’m’en doute mais bon.

« T’as d’la chance…moi, j’pense que j’virerai fou si je retombais sur l’crevard qui m’servait d’tuteur. » Répondis-je, dans un murmure. La haine, l’dégoût, et la rage vrillant mon p’tain d’iris sanguin. Ma voix aussi d’ailleurs.

Mais j’repris mon calme alors que j’le questionnais sur aut’chose. Hum…Demander à s’mec ? Il est au fou du trou p’tain. J’vais p’t’êtes éviter d’lui en parler de suite. Mais j’tiquais au fait qu’pour l’chef, ça changerait pas grand-chose. Je m’apprêtais à laver un verre, mais mon geste se stoppa.


« J’sais pas… » Murmurais-je.

Inspirant un coup, j’fermais les yeux pour m’détendre. La zik d’ambiance me calmait. Et quand j’rouvris les yeux, j’voyais l’plafond et la grosse merde sombre d’mon angle mort. Un sourire désabusé sur la gueule, j’ajoutais :


« J’pourrais pas. J’veux dire, pour moi, ça s’rait pas Elle. Je…T’sais, j’ai même pas eu l’droit d’aller à son enterrement. Moi, j’ai put qu’la venger et crever ensuite…Alors, j’pourrais pas. C’est pas un mec qu’j’ai voulu venger ou protéger. Ma meuf, ça peut pas être un mec…J’pourrais pas l’croire. »

Ce n’était pas du p’tain dégoût dans ma voix cette fois-ci. Plus, ben, d’l’incompréhension. C’est quoi l’délire de cette ville d’merde en fait ? Pire qu’l’Enfer ? Ouais…Mon p’tain d’Enfer avait au moins du vagin et des boobs à gogo dans l’décor. Des bites à tout va : la gerbe !

« Désolé, j’suis vraiment d’une humeur d'merde en fait…L’entendre geindre sur sa meuf et son gosse, j’me suis rappelé des trucs d’merde. Oublie la merde qu’j’ai dit tu veux ? »

Ma main tremblait un peu, mais j’reprenais l’fait d’laver l’verre. En fait, je pense que j’n’étais vraiment pas dans le même état que d’habitude. Ce corps qui chialait comme une p’tite merde de tafiole…j’me d’mandais si j’aurais été comme ça si j’étais clamsé avant elle, alors qu’elle aurait eu un marmot d’moi. Pathétique quoi. J’suis un con.

« Et l’couple l’est pas trop chiant à gérer ? » Demandais-je, en tentant d’changer d’sujet. J’savais pas trop si j’avais envie d’parler du passé ou pas j’dois dire.

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Nils Erling
Gérant du Quiver - Barman - Habitant
Mer 5 Oct - 21:27
Il était évident qu'Alexander avait eu une vie de merde. C'était comme écrit sur son visage. Ce pauvre gamin attirait peut être la merde sans le vouloir… Une raison de plus d'être content de l'avoir ici avec moi. Au moins, il ne devrait rien lui arriver de grave en travaillant dans le Quiver, si on omet les clients ivres parfois difficiles à supporter.

Je trouvai triste qu'il ne soit pas du même avis que moi, même si je m'y attendais un petit peu. L'apparence ne changeait pas une personne selon moi, et ce même si cela implique un changement de sexe. S'il n'y avait que les vagins qui importait pour Alexander, il était clair qu'il était mal barré. Je lui lançai un sourire désolé, plus pour sa triste réflexion que pour sa situation.

J'étais tout de même contente d'en entendre un peu plus sur sa vie. Une vie de merde donc, selon moi. C'est devant des cas comme que l'on se dit que finalement, la notre n'était pas si mal. J'avais presque envie de lui présenter mon ami psychologue, mais je savait pertinemment que mon employé allait le prendre extrêmement mal… Ou pas… Il faudrait que je tente ce sujet un de ces soirs, ou plus tard peut être, qui sait. Néanmoins, ma main partit tapoter son épaule en signe de soutien moral. Bien que je ne savais pas toujours sur quel pied danser avec lui, mais j'espérais lui apporter du calme et de la compassion. Peut être un mentor ? Je ris intérieurement, je n'avais jamais joué ce genre de rôle.

A sa question, je tendis une oreille vers le couple, qui roucoulait depuis un moment déjà, une nouvelle tournée en main.

- « Ho non… Ils sont prêts à partir continuer leur soirée ailleurs, si tu vois ce que je veux dire. »


Je lui lançai un sourire en coin, attendant de voir sa réaction. Oui, j'aimais bien m'amuser avec, ou plutôt de lui. Mais ce n'était pas bien méchant. Je testais juste ses réactions.
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