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L'amitié fait deviner des choses dont on ne parle pas.

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Yoshino Ryokucha
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Sam 27 Aoû - 19:36
L'amitié fait deviner des choses dont on ne parle pas.#featNilsJ'avais refermé lentement la porte de mon bureau, insérant la clé dans la serrure avant de faire machinalement les quelques gestes qui permettaient de la verrouiller. Plutôt que d'avoir la curiosité de regarder l'heure à ma montre ou sur mon téléphone portable, j'avais jeté un coup d'œil à l'extérieur, ignorant la fenêtre qui faisait office de barrage transparent. Le ciel était peint de nuages roses lesquels, venaient mourir dans les premières nuances de la nuit. Une fois encore, je finissais tard... Bien évidemment, ce n'est pas comme si quelqu'un attendait mon retour. Les seules personnes ayant besoin de ma présence, avaient à leurs dispositions les horaires d'ouvertures de mon cabinet en centre-ville et de mon bureau au sein de l'académie... Qu'ai-je donc fait de ma vie après la mort ? Je déteste quand les questions existentielles, parfaitement inutiles, viennent me titiller l'esprit. Avant d'être un psychologue, je suis avant tout un homme. Et comme tout homme qui se respect, parfois j'ai juste besoin d'une bonne bière fraîche pour retrouver le moral. Et puis, il se trouve que parfois, même Yoshino Ryokucha prend plaisir à bavarder avec d'autres personnes en dehors des heures d'ouvertures de son cabinet...

Je venais à peine de faire un premier pas à l'intérieur du Quiver que, comme à mon éternelle habitude, j'avais salué l'ensemble des personnes s'y trouvant d'une voix enjouée et d'un petit geste de la main. Aussitôt, j'avais repéré la tête blonde derrière le bar, lui offrant un sourire amical avant de m'avancer pour m'installer au comptoir, à « ma place » habituelle. Du moins, elle était toujours étrangement libre à mes heures de passages... Je m'étais toujours demandé si le gérant ne s'amusait pas à me la réserver, lorsqu'il espérait me voir...

- « Bonsoir monsieur Erling. » Lançais-je d'une voix douce en posant une main sur le haut de ma poitrine, fermant les yeux et inclinant lentement tête avant de la relever, un sourire flottant sur les lèvres et le regard joueur.

Ma politesse, frôlant l'exagération pour un européen tel que lui, s'était lentement installé comme un private joke entre le gérant du Quiver et moi. Ainsi, il n'était pas rare que je m'amuse à lui témoigner soudainement le plus grand des respects... Depuis quelques années, je tentais de me mettre à l'humour. C'était désastreux.

- « Comment vont les affaires ? » Demandais-je.

C'était une façon originale de lui demander comment il allait. Disons, que c'était là une approche plus adaptée au personnage... Commander ? Ce n'était pas nécessaire. Je n'avais même jamais besoin de passer commande avec Nils. Il savait toujours ce dont j'avais envie. Si j'étais un habitué buvant presque toujours la même chose, le blond était particulièrement doué pour deviner lorsqu'un désir de nouveauté faisait irruption en moi. Ainsi, il m'avait transmis une petite partie de sa culture concernant les cocktails alcoolisés. Par ailleurs, je le trouve un peu trop généreux quant aux quantités d'alcool...
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Nils Erling
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Lun 29 Aoû - 17:51
J'avais ouvert la porte d'un tour de clé dans la serrure, déclarant l'heure de la beuverie ouverte. Et visiblement, un petit groupe d'amis attendait déjà. Je les saluai avec un grand sourire avant de retourner derrière mon comptoir, entamant ainsi ma journée de boulot. Deux blondes et un pastis, pour le premier groupe, un bloody mary et un mojito pour les suivants, la danse des verres sur le comptoir ne faisait que commencer. Cette même danse qui se répétait tous les jours de la semaine, prête à ravitailler ceux qui en avaient besoin.

Pour la plupart, c'étaient des visages familiers, dont je ne connaissais pas toujours le nom. Je connaissais tant de choses sur eux, qu'ils m'avaient raconté d'eux même, mais omettaient toujours de dire leur simple nom ou prénom. Alors les quelques-uns qui franchissaient le pas faisaient partie de la « famille », le clan qui squattait ce bar autant qu'ils le pouvaient, à mon plus grand bonheur.

Quand la nuit tomba sur la place arriva alors un bon vieil ami à moi -amitié vieille de seulement deux ans, ce qui représente tout de même les deux tiers de ma simple existence à Eroniza. Comme à son habitude, après une salutation adressée à l'ensemble des personnes présentes de la pièce, il se dirigea vers moi, ou plutôt le comptoir, et me salua à sa manière, bien trop polie pour moi. De mon côté, je répondais par un « hey » bien moins poli, mais habituel chez moi. C'était toujours un peu mieux qu'un « Yo ! ». Bien évidemment, ces salutations n'étaient réservées qu'aux plus grands habitués.

Je sortis sans tarder un grand verre accompagné d'une bouteille de curaçao, pétillante par sa vive couleur bleue, et l'anisette. Je ne rendais pas assez hommage à la tignasse bleue de mon ami, selon moi, j'allais donc réparer ça, au moins pour cette fois. Si je le pouvais, je lui en ferais plus souvent, mais ils auraient très vite tous le même goût, le curaçao étant le seul alcool bleu… C'était donc parti pour un « point bleu »!

Tout en préparant le tout, une pointe de jus de citron en plus, je lui répondis avec le sourire, pour ne rien changer aux habitudes :

« Comme tu peux le voir, il y a du monde, et plus mon bar est plein, mieux je me porte ! »


C'était bien sûr vite dit, s'il devenait trop plein, j'étais bon pour appeler à l'aide ce cher Alexander, de peur de couler sous la clientèle. J'étais pas loin de chercher une deuxième personne, au cas où…

« Et tes marmots, comment ils vont ? »


Ma manière à moi de demander comment s'était passé la journée à l'école dont j'entendais tant parler mais que je n'avais encore jamais approché. Elle avait l'air tellement étrange en même temps...
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Yoshino Ryokucha
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Mer 31 Aoû - 19:48
L'amitié fait deviner des choses dont on ne parle pas.#featNilsCe qui était particulièrement agréable avec Nils, c'est qu'il semblait toujours heureux dans son élément. En tant que maître des lieux, le jeune homme incarnait à la perfection l'image d'un homme confiant, presque invisible tant il connaissait son métier sur le bout des doigts. Ce n'était qu'une apparence, qu'un rôle qu'il endossait tant bien que mal chaque soir afin que son affaire puisse tourner convenablement. Néanmoins, il m'était d'un grand réconfortant. Il débordait toujours d'une telle énergie aux heures de pointes, qu'il me suffisait simplement d'échanger quelques phrases avec lui et de l'observer travailler pour que mes batteries soient rechargées. Oui, ma relation avec Nils est comparable à celle d'un téléphone avec son chargeur... Il n'y a rien strictement rien de pervers dans mes propos !

- « Comme tu peux le voir, il y a du monde, et plus mon bar est plein, mieux je me porte ! Et tes marmots, comment ils vont ? »

- « Ils ont toujours des tas de problèmes... » J'avais baissé la tête, passant une main dans mes cheveux, fronçant ensuite les sourcils. - « Oui, on peut dire que mes affaires aussi se portent bien... » Cruel. Mais, si tout le monde savait comment être heureux et épanouis, je serais au chômage...

Je donnais au-delà du meilleur de moi-même chaque jour pour leur apporter mon aide, mais aussitôt l'un d'eux honorait sa dernière séance dans mon bureau aussitôt, une dizaine d'autres élèves s'ajoutaient à ma liste de rendez-vous à planifier en toute d'urgence... Cela me donne parfois la fausse impression que tout le monde va toujours mal. Heureusement, fort de mon expérience, je maîtrise de mieux en mieux les principaux troubles, propres à Eroniza... Si je vous dis que la majorité de mes patients étaient des femmes de leur vivant, vous voyez où je veux en venir ?

J'avais posé mes mains à plats sur le comptoir, observant durant plusieurs secondes l'alcool disposé devant moi. Il était d'une couleur bleue vive. Il... Il avait osé !

- « Mes cheveux sont cyans, pas bleus... » Grognais-je avant de soupirer bruyamment.

Oui enfin, avec la lumière artificielle du bar et les nuances de couleurs des bouteilles, ils avaient peut-être l'air légèrement plus bleus... Et d'abord, ma couleur n'est pas plus étrange que la sienne ! Comme le gérant du Quiver s'en doutait, j'avais accepté le verre sans faire plus de manière. De toute évidence, le jeune homme me connaissait assez pour savoir que je ne refusais jamais aucune ses préparations. Durant un long moment, j'avais gardé le silence, observant mon ami le barman, attardant principalement mes orbes dorées sur ses mains et la direction que prenait son regard alors qu'il servait ses clients tout, en veillant sur l'ensemble de son antre. Si Nils n'appréciait guère que je l'observe de cette façon, il s'y était fait avec le temps. Peut-être a-t-il fini par comprendre que c'était plus fort que moi... En plus d'être ma manière de veiller sur lui.

- « Nils, bien que ce soit un peu soudain et plein de sous entendus particulièrement malvenus... J'aimerais te parler. Seuls, en tête à tête. Après la fermeture. Si cela peut jouer en ma faveur, sache que je suis un pro quant il s'agit de passer la serpillière - bien que je ne porterais jamais de tenu de maid - et, qu'il y a un nouveau restaurant chinois ouvert de nuit à quelques minutes d'ici... Ils sont spécialisés dans la vente à emporter ! »

Si je ne m’appelais pas Yoshino Ryokucha, je lui aurais simplement demandé s'il voulait manger chinois.
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Nils Erling
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Jeu 1 Sep - 21:49
Il n'était pas à douter que les affaires de ce cher Yoshino se portaient bien, vu le nombre de personne que je rencontrai moi même dans ce bar, l’œil larmoyant en pensant à leur ancienne vie. Pour faire simple, je me ramassais tous ceux qui étaient trop vieux ou qui n'avaient pas l'argent pour aller voir un psychologue. Ça en était vraiment désolant parfois. Du coin de l’œil, je repérai d'ailleurs un parfait spécimen du dépressif a qui la mort lui était restée en travers de la gorge, assis sur une des tables du fond, sa troisième bière à la main. Je notai dans un coin de mon esprit d'essayer de le dissuader d'en prendre une quatrième pour le bien du reste de la soirée.

Je dissimulai un léger rire quand mon cher ami maugréa que ses cheveux n'étaient pas bleus mais cyans.  Que pouvais-je y répondre, le but étant juste de l'embêter… En revanche, le reste de la conversation se fit plus sérieuse. Yoshino voulait me parler seul à seul, après la fermeture du bar. Ma curiosité était piquée au vif, surtout que je ne voyais pas qu'est ce qui pourrait être si important pour ne pas pouvoir le dire tout de suite. Je voyais mal mes clients nous espionner volontairement. Je lui lançai donc un regard interrogateur :

« Cela ne me dérange pas, c'est toi qui va devoir passer le temps. Du devrai même en profiter pour manger, je prend mon repas toujours avant le service. Et la serpillière, c'est généralement le lendemain aprem, s'il n'y a pas de boisson renversée. »


Je regardai la pendule au dessus de la porte, il n'était pas encore 22h… Je lui lançai un regard désolé avant de partir servir un autre client au bar. Un mojito et un jagerbomb, servis en deux un rien de temps. Je n'avais même plus besoin de réfléchir pour faire les recettes les plus communes, tant on me les demandait. A croire que les gens se cantonnaient aux 10 basiques, et n'essayaient même pas de découvrir de nouvelles choses…

Ainsi passa le temps de la soirée. Service après service, revenant de temps en temps parler avec Ryokucha. J'avais fini par resservir le déprimé de tout à l'heure d'une bière, histoire qu'il ne squatte pas une de mes tables pour rien. Le bar se vidait petit à petit, et bientôt, il ne resta plus que Yoshino, un couple sur le point de partir, mon grand costaud bourré et moi. Je revenais vers mon ami aux cheveux bleus, tout sourire, légèrement fatigué.

« Ca va ? Tu ne t'es pas trop ennuyé ? J'ai presque fini. Il ne reste plus qu'à attendre qu'il s'en aille... »


J'avais du mal à l'avouer, mais l'air bourru du dernier client dans la pièce ne m'inspirait rien de bon… Il avait passé la soirée à parler d'un certain « salaud », et la finissait avec un charmant « tous des salauds ».
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Yoshino Ryokucha
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Sam 3 Sep - 17:28
L'amitié fait deviner des choses dont on ne parle pas.#featNilsAlors que mon ami me quittait, allant accomplir sa divine mission consistant à servir de l'alcool à tous les damnés se présentant à lui, j'avais longuement soupiré. Il ne pouvait s'empêcher de refuser qu'on l'aide un peu à moins, qu'il y soit totalement contraint. J'étais par ailleurs, étonné qu'il ait fini par embaucher quelqu'un. Nils était du genre à toujours se débrouiller tout seul. Néanmoins, fin comme il était, je restais persuadé qu'un petit plat à réchauffer après le service ne lui ferait pas de mal... Oui à mon âge, on développe un pseudo-instinct paternel relativement enquiquinant.

Tout en sirotant ma boisson, j'avais repris mon observation. Afin de ne pas ajouter davantage de tension sur les épaules de mon ami, je m'étais volontairement désintéressé de lui, portant mon attention discrète, mais efficace, sur divers groupes de joyeux fêtards. Entre deux vagues de clients, Nils revenait vers moi pour échanger quelques phrases avant, que l'un de ses clients n'ait la bonne idée de venir me l'arracher, réclamant à boire. Comme le blond me l'avait lui-même conseillé, au bout de quelques heures, j'avais quitté le bar pour aller manger. L'homme faisant le service au restaurant à emporter était particulièrement amical. Ainsi, j'étais resté un peu plus longtemps que prévu, mangeant sur place. En partant, je n'avais pas oublié d'acheter une petite barquette à réchauffer pour mon ami le barman. Du porc au caramel et des nouilles... J'ignorais totalement s'il aimait ce genre de nourriture. Au pire, s'il refusait d'avaler cette nourriture calorique, je commencerais à lui poser des questions. Nils était bien le genre d'homme à volontairement occuper sa bouche si, cela lui évitait en retour de subir mon interrogatoire... Encore une fois, il n'y a rien de pervers dans mes propos !

De nouveau dans l'ambiance particulière du Quiver, j'avais repris ma place – restée probablement vide jusqu'à mon retour -, faisant comme si je n'étais jamais parti. Nils subissant un léger petit pique de fréquentation, j'étais resté sagement dans mon coin jusqu'à ce qu'il vienne à nouveau vers moi. Le bar était presque vide et l'heure de la fermeture approchée.

- « Ça va ? Tu ne t'es pas trop ennuyé ? J'ai presque fini. Il ne reste plus qu'à attendre qu'il s'en aille... »

La voix du blond était plus ennuyée qu'autre chose.

- « Ne t'inquiète pas pour moi. Ce n'est pas le genre d'endroit où je peux m'ennuyer... » Avais-je commencé par répondre. Concernant le reste... - « Je vais aller lui parler, reste ici et laisse-moi faire ! »

Et qu'importe si le blond râlait, j'étais bien décidé à lui retirer ce poids afin, qu'il puisse conclure sa journée sur une note positive. Militaire par le passé, psychologue dans le présent, j'étais plutôt qualifié pour m'occuper de ce genre de cas. Du moins, c'est ce que j'avais eu le malheur de penser... Ayant gardé, une partie de la soirée, un œil sur l'homme dont il était question, je savais par avance à quoi m'attendre. Un cas simple mais redoutable. Celui d'un homme incapable de voir ce qu'il possède, les yeux rivés sur ce qu'il n'a plus, se confiant à la boisson afin qu'elle l'abrutisse assez pour qu'il ne soit plus en état de comprendre l'origine de ses maux. D'un pas décidé, je m'étais rendu jusqu'à la table de l'homme. Il empestait un mélange de sueur et de bière, c'était juste immonde. Loin d'être un petit trapu, il s'agissait d'un grand costaux au bras gros comme mes cuisses... Non. Plus gros encore.

- « Monsieur, excusez-moi... » Aucune réaction, s'il n'avait pas eu les yeux ouverts, j'aurais conclu qu'il dormait assis. - « Excusez-moi... ? » L'homme avait fini par poser son regard vitreux sur moi, l'air mauvais. Son visage était rouge et ses nerfs ressortaient visiblement de sa peau grasse. - « Je suis désolé de vous déranger, le bar va fermer. » Dis-je tout simplement.

Inutile d'être désagréable ou de lui mettre le pied au derrière. Il allait lui-même conclure qu'il devait partir. Ainsi, il allait avoir l'impression de quitter Le Quiver de sa propre volonté et non, parce qu'il y était obligé. J'allais retourner vers Nils lorsque l'homme maugréa quelque chose... Je n'avais strictement rien compris à ses paroles. Je m'étais bien évidemment excusé, me rapprochant un peu de ce client à l'odeur trop forte, lui expliquant que j'avais peut-être mal entendu... Subitement, il a attrapé sa choppe vide et me l'a littéralement explosé sur le crâne ! Sonné, autant par le bruit soudain de verre qui se brise que par la douleur fulgurante, j'avais fait quelques pas maladroits en arrière avant, d'amortir tant bien que mal ma chute au sol en m'agrippant à une table. Plus ivre que je ne l'aurais cru, le gorille s'était réinstallé confortablement sur sa chaise, oubliant jusqu'à la présence de celui qu'il venait de frapper.

- « Je vais le tuer ! » Grognais-je en portant mon regard fauve sur cet ivrogne puant.

Une main sur ma pauvre tête douloureuse, je n'avais pas attendu mon ami pour me relever.
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Nils Erling
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Sam 3 Sep - 19:29
Bien évidemment, Yoshino avait voulu aller jouer les psychologues avec l'âme en peine qui somnolait devant sa bière vide. Je l'aurai bien arrêté, mais il semblait tellement convaincu de ses compétences. Grand mal m'en prit.

Je l'avais observé depuis mon bar, agir d'abord doucement, calmement, pour essayer de faire partir la montagne d'elle même. Montagne, voilà comment j'allais l'appelait tient ! J'aimais bien donner des surnoms à ceux qui ne se présentaient pas.

Je fus soulagé de revoir mon ami aux cheveux cyans revenir sans encombres, mais avant que je ne puisse lui dire que c'était bon, qu'il était inutile d'insister, le psychologue fit demi tour, revenant vers la montagne. C'est plus le bruit de la chope éclatant sur le crâne de mon ami que sa vue qui me fit sursauter. Je n'arrivai pas assez vite pour le rattraper, mais en l'entendant marmonner des menaces de mort, je préférai le tirer en arrière vers le bar, le temps qu'il reprenne bien ses esprits, et se même s'il se  débattait. Le tenant en place comme je le pouvais, j'examinai vite fait sa tête, à la recherche de sang, comme un chasseur de poux. Je repérai des petites entailles d'où un peu de sang perlait, cela relevait du miracle que cela ne soit pas pire que ça. Mais sa caboche survivrait.

« Il faudrait que je songe à engager un videur… C'est la troisième fois cette année !»


Sauf que les autres fois, c'était en milieu de soirée, et qu'il y avait d'autres clients pour m'aider. S'offrait à nous trois options : soit attendre comme des blaireaux que la montagne veuille bien partir d'elle même, ce qui pouvait prendre des heures. Soit appeler la police, ce qui ne m'enchantait guère. Soit s'y mettre à deux pour le faire partir.

« Bon Yoshino, on reprend ses esprits, on ne sort pas les griffes, et on réfléchit ! »


Il y avait aussi la possibilité d'essayer de l'impressionner, après tout, j'avais toujours une batte de base-ball caché sous le bar. Je ne m'en étais jamais servi, c'était juste pour me dire qu'elle était là au cas où. Je n'ai jamais était violent physiquement, je m'arrêtai généralement à la parole.

La montagne semblait à nouveaux assoupie, comme si rien ne s'était passé, avachie sur sa chaise.
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Yoshino Ryokucha
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Lun 5 Sep - 21:48
L'amitié fait deviner des choses dont on ne parle pas.#featNilsIl y a toujours eu cette chose immonde en moi. Apeurée, affamée, menaçante. Elle ne dort jamais, passe son temps, inlassablement, à tourner en rond, guettant sans cesse de ses yeux jaunes la sortie, dans l'attente qu'elle s'entrouvre assez pour qu'elle puisse la forcer. Le reste du temps, comme maintenant, elle gratte, use de ses griffes, m'inflige cette sensation dérangeante, c'est abominable, un véritable supplice... Cette chose n'aurait jamais dû me suivre jusqu'ici. Elle aurait dû rester à Shanghai.

Peut-être que j'aurais entrouvert la cage, presque par accident, lâchant la bête féroce sur l'homme qui venait de me frapper. J'aurais même, après avoir commis une fois encore l'impardonnable, fait mine d'être innocent. Peut-être, si ça n'avait pas été Nils qui me tirait.

- « Nicchan... » Soufflais-je en cessant toute lutte, posant sur lui un regard inquiet, laissant le barman me traîner jusqu'à l'endroit qui, pour lui, devait être le plus sur au monde... Son bar. Sérieusement, Nils ?

- « Il faudrait que je songe à engager un videur… C'est la troisième fois cette année ! »

- « Je ne postulerais pas à ce poste... Visiblement, ça dépasse mes compétences. » Dis-je sur le ton de la plaisanterie pour rassurer mon ami.

La tête encore vivement douloureuse, j'avais porté une main légèrement hésitante à ma chevelure colorée, tâtant mon crane du bout des doigts pour m'assurer que je ne saignais pas. Presque pas. Tout en lançant un regard désolé à Nils, je l'écoutais en me massant doucement ma pauvre tête. Bon sang, combien de neurones avais-je perdu avec un tel choc?

- « Bon Yoshino, on reprend ses esprits, on ne sort pas les griffes et, on réfléchit ! » Lança le blond.

- « Réfléchir ? Facile à dire, ce n'est pas toi qui t'es pris un verre sur la tête ! » Ripostais-je. - « Hum... Je crois qu'on devrait tenir un siège. » J'avais tourné ma phrase de la sorte juste pour m'amuser de la tête peu probable que tirerait Nils en l'entendant. Ses expressions étaient toujours parfaites. - « Attendre patiemment - comme les faibles que nous sommes - que l'ours quitte le Quiver pour prendre l'air... Puis fermer à double tour derrière-lui, - en bons hommes fragiles. » Vous la sentez ? Cette blessure profonde dans mon égo ?!

Certes, on pouvait aussi appeler les forces de l'ordre. Mais tout comme moi, le gérant du Quiver savait parfaitement qu'ils ne se déplaceraient pas pour si peu... Il en avait tristement déjà fait l'expérience. L'autre option était de sortir les griffes. Seulement, étions nous capable, à nous deux, de maîtriser un gros tas de viande alcoolisé ? Que Nils ne me sort pas qu'en tant que militaire – et lieutenant, qui plus est -, je devrais être apte à maîtriser tout individu potentiellement dangereux... Au risque de se prendre lui aussi quelque chose sur la tête !
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Nils Erling
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Mar 6 Sep - 22:55
Au moins Yoshino était encore en état de plaisanter, cela me rassurait. Mais malheureusement, il semblait tout aussi à court d'idée que moi, tenir un siège derrière le bar n'étant selon moi pas une merveilleuse idée. Je voulais dormir moi !

Je ne voyais donc que la solution d'urgence n°2, celle qui venait après la batte de base-ball. Je tapotai l'épaule de Yoshino, et lui fit un clin d’œil pour le rassurer :

« Je m'en occupe, j'ai plus d'un tour dans mon bar ! »


Je partis à l'arrière, vers la réserve, pour fouiller dans la boite à pharmacie. Si mes souvenirs étaient bon, il m'en restait encore, je les avais pris il y a longtemps, pour chasser à peut près tout ce qui me déranger, des chiens fouillant les poubelles aux clients devenus beaucoup trop encombrants et violents. Je ne l'utilisai qu'en cas de force majeure ! Il était totalement bourré de toute façon, jamais il ne viendrait faire le rapprochement. Au pire, on allait courir un peu. Je pris une des fameuses pilules magiques, et revint vers le bar. Je sortis un verre propre, vidait la pilule dans le verre et le remplie d'une bonne bière, le tout bien à l'abri des regards, derrière le comptoir.

Je fis signe à Yoshino de se taire et de me laisser faire, tandis que je retournai vers la table de la montagne. Je déposai le verre à ses cotés, faisant bien assez de bruit pour qu'il s'en rende compte. Je détalai au premier mouvement. Je ne souhaitais pas subir le même sort que Yoshino. Je revins donc sifflotant, et tout sourire. Il m'arrivait d'être sournois parfois, mais s'il y avait bien une chose à ne pas faire, c'était faire du mal à un de mes amis. Je m'appuyai sur le comptoir, aux cotés de Yoshino :

« Maintenant admires, en silence. Tu parlais de serpillère tout à l'heure non ?»


Il ne faudrait que quelques minutes pour que le laxatif fasse effet. Cela me promettait peut être un nettoyage dégouttant, mais ce ne serait rien face à la détresse et la lessive de notre cher envahisseur.
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Yoshino Ryokucha
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Dim 11 Sep - 16:42
L'amitié fait deviner des choses dont on ne parle pas.#featNils
Alors que Nils me tapotait gentiment l'épaule, m'offrant un clin d'œil malicieux et une fière petite réplique, j'avais écarquillé les yeux. Oh, non... Là où j'échouais, généralement le barman aussi. C'était même pire que ça, on s'enchérissait mutuellement dans l'échec ! Seulement... Allez dire à votre meilleur ami de ne pas jeter de l'essence sur le début d'incendie ! J'ai confiance en Nils. Là n'est pas le problème. J'ai beaucoup moins confiance en l'ours alcoolisé là-bas, au fond du bar...

Le jeune homme s'éclipsa quelques instants vers l'arrière boutique, revenant ensuite vers le bar avec une tête de vainqueur. Oh mon Dieu... Si je n'avais pas fait la guerre, j'imagine qu'à ce moment précis, je serais parti en courant, fuyant le Quiver comme on fuit les zones à découvert à l'approche d'un bombardier ennemi... Nils sortit un verre de sous le comptoir du bar, vida une espèce de médicament dans le récipient avant de le remplir de bière. D'une main outrée, j'avais repoussé mon propre verre, à moitié consommé, sur le comptoir... Ne jamais mettre en colère un barman avant d'avoir reçu votre commande. J'étais à deux doigts de paniquer lorsque le fameux barman en question se dirigea avec son verre drogué avec je-ne-sais-quoi vers l'homme ronchon. Nils décampa presque aussitôt le verre posé sur la table de l'enquiquineur ce qui, eu rapidement raison de mon inquiétude.

- « Maintenant admires, en silence. Tu parlais de serpillière tout à l'heure non ? » Se vanta-t-il.

- « Nils. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. »

Comme deux gamins surveillant la victime de leur farce, on avait attendu une dizaine de minutes derrière le comptoir, nos regards curieux rivés sur la silhouette imposante de l'homme, priant secrètement pour que le médicament fasse effet. Et, bingo ! Le grand homme s'était relevé d'un bond, et ce malgré son état d'ébriété avancé, une main sur son ventre rond que je devinais douloureux avant, de s'avancer vers la sortie du Quiver. Le visage de mon ami à la crinière blonde rayonnait de victoire. Puis, sans qu'on ne puisse comprendre le retournement de situation, l'homme à l'hygiène incertaine fit subitement demi-tour, traversa la salle devant nos regards stupéfaits avant de s'enfermer dans les toilettes de l'établissement. Le visage de Nils, si cela était possible, était encore plus blasée que de coutume.

- « Toutes mes prières vont aux toilettes du Quiver. » Me moquais-je gentiment en offrant à mon ami un regard moqueur, un petit coup de coude et un sourire faussement innocent. - « Une fois son affaire fait, il quittera le bar peu de temps après. Du moins, s'il a un comportement normal. Vois-tu, les mammifères ont tendances à fuir le lieu de leurs... Non. Tu n'es pas très intéressé par ce que je raconte. Pas du tout, même... » Tristesse.
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Nils Erling
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Lun 12 Sep - 20:26
J'étais tellement fier de moi au début. Mon plan fonctionnait parfaitement. Alors pourquoi ce… cette… pourquoi fallait-il que la montagne fasse demi-tour jusqu'aux toilettes ! Le visage décomposé, je le regardai s'enfermer à l'intérieur. Je pouvais imaginer d'ici aux bruits ignobles qui devaient s'y produire… Je secouai la tête, dégoûté. Et bien sûr, Yoshino ne perdait pas une seconde pour bien me souligner comment allaient finir les cabinets… Ça aurait pu être une bonne idée… C'était à deux doigts de marcher ! Le sort est contre moi…

J'écoutai d'une oreille distraite Yoshino qui me parlait de ses animaux qui ont tendance à fuir le… Le quoi ? Le regard blasé que je lui lançai dû lui faire comprendre que non, ça ne m'intéressait absolument pas. Ce n'était pas non plus le moment de me faire une quelconque morale ! Je passais une assez mauvaise soirée comme ça. Il ne restait donc plus qu'à attendre que la montagne sorte de son antre, et il en aurait pour une bonne demi-heure… Quinze si on avait de la chance.

Je m'assis sur l'un des tabourets du bar, m'appuyant sur le comptoir avec mon coude, l'air toujours désespéré.

« Bon, on est encore là pour un moment… C'était quoi le truc important que tu voulais me dire . Il n'est pas prêt de sortir après la dose que je lui ai mise... »


Moi qui voulais aller dormir, c'était mort. On aurait de la chance si la brute acceptait de sortir sans rien dire ensuite. Si elle comprenait que j'étais responsable, j'étais mort en plus ! Et le pire, c'est que je l'aurai bien mérité !
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Yoshino Ryokucha
Personnel - Psychologue
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Lun 19 Sep - 14:55
L'amitié fait deviner des choses dont on ne parle pas.#featNils
J'étais venu avec le but premier de me confier à Nils, de lui accorder la confiance qu'il mérite, de lui parler de moi, comme il l'exigeait en râlant depuis quelques temps. Sans qu'il ne soit l'un de mes patients, Nils s'ouvre régulièrement à moi. Si je ne peux m'empêcher d'utiliser mon savoir lorsqu'il me fait des confidences, j'évite néanmoins de lui poser les questions clés, celles que seul un spécialiste du comportement poserait. Ayant passé plus d'une cinquantaine d'années à pratiquer en tant que psychologue, sans mener une véritable vie sociable à côté, je me rends compte maintenant à quel point il est difficile de tisser des liens pour une vieille âme comme la mienne... Mais, ce n'est pas la faute mon âge si je ne trouve pas le courage de lui parler... C'est pour autre chose.

- « Navré mon ami, je suppose, qu'il me faut encore un peu de temps... Je pensais vraiment y parvenir ce soir. Je suis désolé. » Lui murmurais-je en lui offrant un sourire désolé.

En réalité, ça me serait insupportable qu'il me regarde comme si je n'étais qu'un animal de foire. Qu'il m'offre un faux-sourire complètement amer et des paroles réconfortantes forcées. Qu'il ne puisse plus me faire confiance au point de douter de moi. Qu'il sorte subitement de ma vie... Même si le comportement humain se montre souvent imprévisible et surprenant, il était plus que probable que ma relation avec Nils prenne fin peu après mes confidences... Je ne pouvais tout simplement pas prendre le risque. Du moins, pas encore.

- « Ne t'inquiète pas, Nils. Ce n'est... » Commençais-je sans finir, interrompu par un bruit particulièrement violent en provenance des toilettes. Surpris, je m'étais redressé, presque à l'unisson avec le gérant du Quiver.

C'était comme si on venait de fracasser le carrelage d'un coup de marteau ou, comme si quelqu'un de particulièrement grand et costaud venait de tomber sur ce même carrelage... L'énorme homme amateur du verre de trop s'était-il évanouit ou, était-il en proie à une colère noire après avoir eu assez de lucidité pour comprendre que Nils s'était joué de lui ? La logique ôtait pour la première possibilité. Mon anxiété pour la seconde.

- « Cette fois-ci, je pense qu'on devrait y aller à deux... Qu'au moins, dans le pire des cas, l'un de nous deux puisse se sacrifier pour permettre à l'autre de s'enfuir... » Dis-je en laissant mon ami passer devant moi.
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Sudden Strawberry
Merci à Nils pour l'avatar !
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Nils Erling
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Sam 24 Sep - 19:02
Je lui affichai une mine déçu, moi qui avait attendu cette fameuse révélation, nouvelle, confession, ou je ne sais trop quoi, durant toute la soirée durant. C'était comme montrer une sucette à un enfant et la lui manger sous le nez. D'un autre coté, à quoi est-ce que je m'attendais ? Yoshino n'aimait pas trop parler de lui. Et dire qu'à l'heure actuelle, il devait être celui qui en savait le plus sur moi…

J'attendais qu'il finisse sa phrase pour le chambrer un peu, juste pour le taquiner, mais un bruit soudain provenant des toilettes du Quiver interrompit la conversation. La montagne était tombée, ou avait fracassé quelque chose, mais dans tous les cas, ce n'était pas bon, ni pour lui, ni pour nous, et encore moins pour mes toilettes.

Je bougonnai un instant, me demandant pourquoi cette misère me tombait dessus, tandis que Yoshino me proposait d'y aller à deux. Avec moi devant…

-« Je ne pense pas être un très bon bouclier, tu es prévenu. »

C'est donc moi en premier que je filai vers le fond du bar, en direction de mes pauvres toilettes qui ne demandaient qu'à être sauvé d'une montagne à la coulante. Aux aguets, comme si elle pouvait surgir à tout moment, j'avançai pas à pas vers la porte en bois qui cachait les sombres événements olfactives qui avaient probablement lieu à l'abri des regards.
Ma main abaissa la poignée de la porte, sans succès. Fermé à clé, bien évidemment. J'étais presque étonné de voir que la montagne avait pris le temps de fermer derrière elle. Bien sûr, je pouvais la déverrouiller avec ma propre clé, pour justement faire face aux situations du même genre. La tournant lentement dans la serrure, je m'imaginai milles et une choses pouvant se produire là dedans.

-« Tu devrais reculer, on ne sait jamais.. »


Je pris une grande inspiration avant d'abaisser la poignée, et poussai la porte juste assez pour me permettre de jeter un œil à l'intérieur. Visiblement, après une déduction assez rapide, la montagne s'était appuyée de tout son poids sur le petit lavabo, qui n'avait pas tenu. Il s'était donc écrasé par terre. Notre grand squatteur avait sa tête appuyée sur le mur, sans bouger, comme s'il s'était assoupi directement dans ses bottes. L'odeur qui émanait de la pièce me fit refermer la porte un moment, le temps de reprendre une inspiration. Les poumons remplis d'air, je rouvris la porte, réfléchissant au passage à ce qu'il convenait de faire ensuite.

Je n'en eu pas vraiment le temps, notre douce montagne en avait profité pour tirer la porte vers lui, et moi, ne m'attendant pas à cette ouverture soudaine et la main toujours accrochée à la poignée, je partis avec elle, tentant vainement de me rattraper au cadre en bois. Je finis ma course par terre, aux pieds de la montagne. Sur le moment, la seule option qui me vint en tête fut celle de faire le mort...
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