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Le pouce en l'air comme si je t'avais attendu toute ma vie / PV Nils

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Merry Wallace
Itinérant - Habitant
Mar 16 Aoû - 23:39
Ce pouce, Merry ne l'avait pas gardé en l'air tout le temps qu'il avait été posté près de la route. En fait, il marchait, se tournait quand il entendait le bruit d'un véhicule, son gros sac contenant toute ses possessions sur le dos, si le véhicule ne s'arrêtait pas pour le prendre alors il continuait son voyage, ses chaussures usées et moisie aux pieds. Personne ne lui faisait la conversation comme quand il voyageait en groupe, mais justement pour cette raison, il se permettait maintenant de prendre les transports en commun. Avant, ils auraient marchés jusqu'à en trouer leurs souliers. Maintenant qu'il était mort et fin seul... le voyage était long et monotone. Pour les quelques fois où il avait voulu profiter de la plage, il s'y était rendu à pieds et était revenu grâce à de braves gens qui s'étaient arrêtés pour le cueillir, mais cette fois-ci, il avait plus de mal. Moins de véhicules sur la chaussée, moins de bon samaritains. Il y avait déjà trois heures qu'il marchait. Il s'était chanté des chansons, avait pensé à quelques vers qui ne lui venaient pas.

Pour ajouter à tout cela, la pluie commença à lui tomber sur la tête. Il s'empressa de sortir une bâche de son sac et de le recouvrir. Sa guitare s'y trouvait, il aurait été fâcheux qu'elle prenne l'eau. Bien vite, ses chaussures se mouillèrent et ses cheveux s'alourdirent sur sa tête. Après tout, c'était le lot à payer pour être libre.

Le bruit d'un moteur se fit entendre. Son instant de gloire était-il arrivé? Il se retourna, sourit à pleine dents et brandit fièrement le pouce en tentant de trouver parmi les reflets du windshield plein de pluie une tête, peut-être même des yeux. Avec un peu de chance, un sourire.

Le véhicule se tassa dans l'accotement. Il se précipita vers ce dernier, remerciant encore une fois une puissance quelconque de lui avoir fourni un transport quand il en avait besoin.

Il ouvrit la portière et regarda l'état du siège. Nickel. Il prit la liberté de s'y installer sans trop de grâce, mouillé qu'il était, posant son sac sur ses genoux en espérant pas trop empester le bon gaillard qui s'était arrêté.

"Hey, merci mon brave, j'imagine que tu retournes vers la ville? Mon nom est Merry, qui aie-je l'honneur de remercier?"
lança-t-il avec enthousiasme à l'égard du bon samaritain qui l'avait dépanné en lui tenant une main chaleureuse.
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Nils Erling
Gérant du Quiver - Barman - Habitant
Mer 17 Aoû - 0:05
Ce n'est que quand je vis ce pouce levé que mes mains se décrispèrent du volant qu'elles tenaient. Ce bête voyage avait commencé par un simple appel. Le livreur qui devait réapprovisionner mon bar était en panne, est seuls deux choix s'étaient offerts à moi : passer une soirée avec les stocks à moitié vide, ou bien aller les chercher moi même. Ce n'est pas sans un juron que j'avais finalement pris la voiture, petit tacot que j'avais acheté pour les cas d'urgence comme celui-ci. J'avais beau avoir le permis depuis bien longtemps avant ma mort, après celle-ci les voitures étaient devenu des ennemis moqueuses qui semblaient attendre le bon moment pour une nouvelle danse avec moi. C'est donc mal à l'aise que j'avais fait le voyage de l’aller.

Il me fallut une bonne heure pour récupérer ma marchandise, et encore, seulement une partie ! Comme si ma petite voiture pouvait tout transporter. J'avais pris l'essentiel, rempli le coffre, empilé les cartons sur les sièges arrières, et posé mon sac sur le siège avant, dernière place libre. Et j'étais reparti pour une heure de route. Et en plus de tout ça, la pluie commençait à tomber.

J'avais bien tenté de mettre la radio pour me calmer, penser à autre chose, comme à mon bar qui m'attendait, avec son calme, ses clients habituels et ses histoires intéressantes, mais l'averse ne m'y aidait pas vraiment.

C'est donc ce pouce, fièrement levé sous les trombes d'eau, qui m'avait tiré de ma nervosité.  Un pauvre bonhomme faisait du stop au bord de la route, protégé par une simple bâche. Il ne me fallut qu'une demi-seconde pour prendre la décision de m'arrêter et de retirer mon sac du siège avant, pour le balancer sur les cartons à l'arrière. C'est sans surprise qu'il se précipita pour rentrer dans la voiture, visiblement heureux d'être enfin à l'abri des éléments.

Cet homme avait une drôle d'allure, originale, qu'on ne côtoyait pas tout les jours en ville. Je me laissai prendre dans son enthousiasme, serrant sa main avec entrain :

« Exactement ! Moi c'est Nils. Ravi de pouvoir t'aider ! »

Et sur ces mots, je redémarrai la voiture, direction la ville. Avoir enfin la possibilité de parler avec quelqu'un m'avait un peu détendu, et je n'allais pas arrêter là la conversation.

« Ça fait longtemps que tu marches sous la pluie ? Tu viens d'où, à pied comme ça ? »

Pour moi, parfait citadin, marcher comme cela sous la pluie au bord de l'autoroute était en dehors de l'envisageable.
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Merry Wallace
Itinérant - Habitant
Mer 17 Aoû - 0:28
L'itinérant fut surpris de combien il fut le bienvenue dans le véhicule de Nils et de cette poignée de main chaleureuse qui lui fut retournée. La chaleur humaine lui avait quelque peu manqué ces derniers temps.

La bâche fut taponnée à ses pieds temporairement, son sac balancé comme il le pouvait sur les caisses derrière lui de façon à ce qu'elles n'obstruent pas la vue de Nils. La route prendrait au moins une heure, alors il avait le temps de se mettre confortable.

La question du blond fut accueillie d'un sourire.

"Je reviens de la plage, j'y vais de temps en temps, mais je reviens toujours en voiture avec quelqu'un. Peu importe qui, du moment qu'il a un sourire et de la place pour moi dans sa caisse. La ça faisait déjà un moment que j'attendais qu'on me prenne et j'étais sur le point de faire le chemin à pied jusqu'en ville, ça me tentait un peu moins sous la pluie, mais comme je ne peux pas toujours compter sur les gens pour me transporter alors j'étais prêt à m'y résigner. Jusqu'à ce que je te vois arriver sur ton cheval blanc!"

Ses mots furent accompagné d'un rire.

"Et toi, tu viens souvent sur la côte comme ça? C'est quoi tout ces cartons?"
demanda-t-il en se retournant pour y voir inscrit des noms qui firent frémir ses papilles gustatives.

"Wow, t'en as pour une armée! C'est pas tout pour toi, j'espère?"
lança-t-il légèrement.
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Nils Erling
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Mer 17 Aoû - 0:46
J'étais tellement soulagé d'avoir ramassé un tel bavard au bord de la route. Il n'y avait rien de pire que le silence dans une voiture où il y avait plus d'un passager, et heureusement, Merry m'avait épargné ce calvaire. Il me racontait donc son habitude de voyager à pied ou en auto-stop, et ce même sous la pluie s'il n'avait pas le choix. Je ne savais pas si je devais le trouver courageux, entêté ou encore insouciant. Je n'avais aucune idée d'à quoi pouvait ressemblait une vie comme cela.

« Et ben… Je ne suis pas sûr d'avoir le courage de faire toute cette route à pied, alors je n'imagine même pas sous la pluie... »

Et puis ce Merry semblait bien aimer la rigolade, ce qui me changeait de certains dépressifs qui chouinaient dans leur verre au comptoir de mon bar. Puis vint la question des cartons. Les étiquettes lui firent vite comprendre ce qu'il y avait à l'intérieur. Je préférai le rassurer tout de suite, avant de passer pour un contrebandier, cambrioleur ou autre bizarrerie du genre.

« A vrai dire, pas du tout, en général j'évite même de prendre la voiture. Mon livreur est tombé en panne sur la côte, et j'ai préféré aller chercher une partie de la marchandise en voiture. Je tient un bar dans le centre ville, d'où la quantité ! »

Un coup de tonnerre lointain sonna le début d'un orage à l'extérieur, tandis que mes mains se crispèrent à nouveau sur le volant.

« Il fait vraiment un temps de chien dehors ! »
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Merry Wallace
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Mer 17 Aoû - 1:16
Merry écouta tout ce qu'il avait à dire d'un bout à l'autre, l'explication pour son bar, son allé et venu exceptionnelle, puis son commentaire sur la température. La tête pleine de questions pour Nils, à peine eut-il ouvert la bouche que le tonnerre l'interrompit, assez fort pour qu'ils puissent facilement en déduire qu'un éclair était tombé non loin d'eux. La voix de Nils se fit un peu plus nerveuse que précédemment, quelque chose semblait clocher, il remarqua les mains du blond qui s'étaient tendues sur le volant un brin trop fort. Merry s'invita aux commandes de la ventilation de la voiture et l'alluma afin que les fenêtres ne s'embuent pas en plus, dirigeant le jet justement dans ces dernières. Au moins il n'aurait pas à penser à ça en plus, une pluie diluvienne s'abattait sur eux et commençait à inonder la chaussée.

"C'est qu'une petite averse, elle va bientôt passer j'en suis sur. Par contre t'as pas l'air à l'aise, tu veux que je prenne le volant? J'ai pas de permis, mais j'en ai déjà eu un de mon vivant et je sais conduire. J'ai même dû le faire dans plusieurs pays différents. "
proposa-t-il, n'ayant rien à perdre si ce dernier lui disait non. Après tout, la proposition avait été émise afin de lui enlever un poids sur les épaules, c'était à prendre ou à laisser.
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Nils Erling
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Mer 17 Aoû - 2:35
Je me détendis légèrement en voyant Merry s'occuper de la ventilation. Sans doute avait-il remarqué ma nervosité qui était de retour.  J'étudiais alors sa proposition de prendre le volant. Il n'avait pas le permis, mais l'avait eu dans son vivant, ce qui revenait à dire qu'il l'avait. Mais d'un autre côté, est-ce que j'arriverai à faire confiance en quelqu'un d'autre que moi au volant ? Je risquai clairement de stresser encore plus en sachant que je pourrai rien maîtriser. Et puis, c'était lui qui l'avait inviter à monter en voiture,

« Ça ira pour le moment, merci. Je te ferais signe si le temps ne se calme pas ».

J'aurai certainement pu avoir un air plus confiant, mais je n'étais vraiment pas dans mon élément. La meilleure solution à l'heure actuelle était de parler.

« Désolé d'avoir l'air si nerveux, disons que les voitures, c'est vraiment pas ma tasse de thé. Ou même tout ce qui a des roues et un moteur... »


Un autre coup de tonnerre retentit non loin, et l'averse ne semblait pas diminuer. Dans le doute, je préférai sortir au premier panneau station essence qui apparut sous mes yeux.

« Ça ne te dérange pas si on attend un peu ? Je préfère éviter de prendre des risques ».


Sans vraiment attendre sa réponse, je me garai tout simplement sur le parking de la station essence, coupant le moteur de mon pauvre tacot surchargé.
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Merry Wallace
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Mer 17 Aoû - 6:14
Merry vit bien la direction que la situation prenait. Nils préféra en effet se retirer de la route plutôt que de risquer un accident et en quelque sorte, même si cela allait leur prendre plus de temps à arriver en ville, il comprit très bien le pourquoi du parce que. De toute façon, entre une heure ou deux de plus à attendre avec quelqu'un avant de reprendre la route ou six heures de marche ( il devait environ rester ça...) il préférait grandement attendre. Cela donnerais une pause à ses pieds et lui permettrais de partager un moment de son existence avec quelqu'un d'autre avant de se retrouver seul à nouveau dans la jungle de la ville et de ses environs.

C'est pourquoi il acquiesça à chacune de ses demandes et commentaires.

"Tu sais, je suis au sec sur un siège coussiné, alors qu'on se rende plus vite ou demain même, j'ai rien contre ça. C'est pour toi dans le fond, tu as une marchandise à aller vendre, maintenant que tu as réglé ton problème d'approvisionnement. "
dit-il, le moins inquiet du monde en baissant le dossier de son siège question d'être encore plus confortable. Ce dernier alla s'appuyer dans une des boites à l'arrière.

Autour d'eux, les signes lumineux s'éteignirent. La violence de l'orage venait de faire crasher l'électricité dans le secteur. La voiture maintenant éteinte, la buée commençait à recouvrir les vitres et l'air était dense.

Merry sourit dans l'obscurité.

"Si tu avais envie d'aller te chercher un café à la station service, c'est raté, l'ami."  


Il y avait quelque chose de franchement unique dans la situation, de rassurant, comme si de lointains souvenirs refaisaient surface dans la tête de Merry. En fait, il y avait longtemps que l'itinérant n'avait pas vécu un orage dans le confort d'une voiture, si longtemps qu'il en avait oublié l'ambiance savoureuse. L'air chargé d'humidité, le son de la pluie sur le métal, les vitres au travers desquels on ne pouvait presque rien distinguer... cet étranger à ses côtés qui tout d'un coup pris pour lui l'importance de quelqu'un qu'il aurait pu connaître. Quand il reparlerais de ce moment-là, il ne citerais pas non "le conducteur", mais bien "Nils", comme si la profondeur de l'ambiance avait laissé sa trace dans le temps.

Son doigt alla tracer des points et des lignes dans la buée, sa tête emportée par le moment :

"Étouffé, conforté,
Paradoxalement étoffé,
De la sueur à la buée,
Deux inconnus hypnotisés,
Le tonnerre,
La galère"


Il marqua une pause, laissant ses doigts glisser en de gracieux arabesques sur la fenêtre.

"C'est le genre d'ambiance qui me donne envie de te dire "hey, ça fais longtemps qu'on s'est vu, mon pote.", alors qu'on viens de se rencontrer. Ce n'est pas à prendre personnel, j'ai vraiment pas cette impression de déjà vu entre nous, ni même l'impression qu'on se connaît depuis longtemps, mais c'est ce que j'aurais envie de vivre présentement. C'est le genre d'instant qui donne envie de se racconter le passé..."


Non, il n'avait pas peur de sonner ridicule.

Jamais quand Merry parlait avec son coeur, avait-il peur de sonner ridicule.
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Nils Erling
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Mer 17 Aoû - 13:44

Je retint un rire aux dires de Merry. Cet homme semblait avoir la légendaire capacité de tout voir du bon côté, et ce même si vous êtes coincé sur le parking d'une station service sous un orage pétaradant. Il permet néanmoins de me rappelait que je n'arriverai jamais à l'heure pour l'ouverture du Quiver… Il ne me restait plus qu'à prier pour avoir réseau et prévenir Alex.

« Je vais essayer de m'arranger pour ce soir, avec un peu de chance mon bar sera ouvert à l'heure, il faut juste que je trouve du réseau... »

Ceinture détachée, portable en main, commença une série de tortillages pour trouver la fameuse barre qui me sortirait d'une possible galère. Un bar qui reste fermé sur la grand place, ça fait tâche, et il était hors de question que mon établissement devienne une tâche ! Et le réseau salvateur semblait n'être présent que d'un côté de la voiture, et pas le mien, si vous voyez ce que je veux dire. J'hésitai un moment, préférant écrire d'abord mon message avant d'envahir l'espace vitale de celui qui m'accompagnait dans ma misère.

Je l'écoutai d'une oreille légèrement distraite, mais son poème, ou du moins ses quelques vers me sortirent de mon message. Il faut dire que je ne m’attendais pas à ça. Jamais quelqu'un m'avait sorti un poème aussi spontanément, et pourtant j'en avais vu du monde. Je délaissai donc le message pour l'écouter un peu plus.

En y regardant de plus, la situation avait tout de même quelque chose de presque nostalgique. De mon côté cela me rappelait les weekends chez grand-mère où la plus nous empêchait de sortir, ma sœur et moi, et que l'on restait collé à la vitre à admirer la pluie, un chocolat chaud entre les mains. Et mamie Paula nous disait toujours que le beau temps allait revenir -notez que chez moi le beau temps, c'était du vent sur les tapis de neige. Tout en tapant distraitement la fin de mon message je lui répondis sur un ton bien plus posé qu’auparavant.

« En soit, la pluie, les orages ou les tempêtes ne me font ni chaud ni froid, tant que je les observe depuis chez moi, une bonne tasse de chocolat chaud à la main. C'était une habitude partagée avec toute ma famille… Quand j'étais jeune, dès qu'il faisait mauvais, c'était une bonne excuse pour sortir les jeux de société ».


Quand j'étais jeune… Après ces habitudes se sont perdues quand la question de l'avenir est entré en jeu.

Je tentai vainement d'attraper une barre de réseau du côté de Merry, mais ses allez et venu sur mon écran me faisait bien comprendre qu'il manquait plusieurs bons centimètres. Grimaçant légèrement, je sortis un petit « excuse moi » avant de tendre le bras au dessus de lui, m’appuyant sur son siège, le portable presque contre la vitre, pour enfin sur le bouton miraculeux « envoyer ». Mais bien sûr, il lui fallait son temps à cette foutue technologie…

« Encore désolé d'envahir ton espace… ça devrait prendre que quelques secondes... 


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Merry Wallace
Itinérant - Habitant
Jeu 18 Aoû - 6:04
Deux sujets furent mis sur le tapis par Nils dont la voix était une douce musique qui résonnait en écho à sa propre humeur si légère. La première était bien entendu celle qui au départ capta l'attention de Merry : ses souvenirs. L'énoncé du chocolat chaud lui rappela aussitôt ces voyages qu'il avait fait au nord où le froid et les tempêtes étaient certes plus fréquent qu'en Louisiane où il avait été élevé. Nils était dans sa tête en train de passer des traits d'un personnage rencontré sur la route à une personne avec une histoire, une famille, un individu avec du vécu autre que ce court passage qu'ils partageaient l'un dans la vie de l'autre. Il pouvait presque l'y voir, créature d'intérieur qu'il semblait être, à regarder les intempéries douillettement au bord d'une fenêtre. Si seulement il savait combien de fois Merry n'en avait pas eu, de fenêtre, pour les lui en protéger... raison pour laquelle celles dans lesquels il dessinaient maintenant avaient tant sa bénédiction.

Il y eu aussi cet autre sujet, l'inquiétude énoncée par le propriétaire d'un bar en manque de stocks qui allait devoir ouvrir sans lui comme il lui était impossible de progresser davantage dans la tempête qui faisait rage. Et ça, ça semblait être le soucis numéro un, qui d'ailleurs pris la place de la rêverie comme il en est souvent le cas dans bien des situations. Même Merry fut pris au jeu, observant les gestes de Nils, puis se reculant pour lui laisser l'espace nécessaire pour envoyer son message. La manoeuvre d'écrire d'abord le mail avant de l'envoyer pour ne pas lui passer dessus fut remarquée et accrocha un sourire aux lèvres de l'itinérant. Le réseau semblait dur à trouver.

Merry rit de le voir ainsi mal à l'aise de lui passer dessus pour capter ces ondes qui étaient à tout le monde malgré la limite de leur puissance dans certaines zones.

"Quel espace, pourquoi cet espace serait à moi? Pourquoi ce ne serais pas plutôt notre espace, celui de ceux qui nous entoure aussi et des arbres qui nous fournissent l'oxygène qu'on respire? En fait cet espace leur appartiens vraiment à eux, pas à moi ni même à toi. Alors viens les chercher TES ondes!" s'exclama-t-il, le regard espiègle alors qu'il se saisit à tout bras de Nils, l'enlaçant joyeusement pour le ramener en partie (sauf les jambes) sur "son" côté de la bagnole. Leurs deux corps anguleux et élancés ensemble ne prenaient pas tant de place, puis le roux se mit à ajuster le bras de l'entrepreneur afin qu'il capte le signal, le tout en émettant des bruits de mauvaises fréquences.

"SSSCHHHHHHHHHHHHHRROUIIIIIIIIIHRRRROUUUUUUUU"
plaisanta-t-il avant d'entendre un bruit venant du cellulaire de Nils.

"Oh, ça fonctionne?"
demanda-t-il, aussi nul pouvait-il être avec la technologie. Peut-être qu'un son pouvait dire "message envoyé" ou "j'ai trouvé des ondes, mon pote!", alors la il n'en savait rien.

Du reste, rien de cette promiscuité le dérangeais. Il avait connu bien pire.



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Nils Erling
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Jeu 18 Aoû - 22:53
Merry semblait n'avoir aucune gêne, et n'hésita pas, pour rire visiblement, à m'enlacer pour m'aider à atteindre ce fichu réseau. De mon côté, j'étais partager par le rire et la gêne. Rire pour la situation improbable dans laquelle je me trouvais, affalé sur un rouquin qui faisait des bruits d'interférences alors qu'il manipulait mon bras afin de m'aider. Gêné car ce n'était pas dans mes habitudes de me retrouver collé à quelqu'un. J'essayais donc de planquer ma frimousse, de peur que mon embarrassent soit affiché sur mes joues. J'étais l'homme derrière le bar, celui qu'on ne pouvait pas atteindre sans passer au dessus du comptoir. Et il faut dire que je me sentais bien à l'abri là derrière. Mais c'est finalement le rire qui l'emporta, rigolade interrompue par la notification du portable qui signifiait que le message avait bien était envoyé. Je lançai alors un magnifique :

« Victoire ! »

Dans l’ambiance légère qui régnait, je m'étais laissé emporté dans le rire et la joie, à l'opposé du temps qui faisait rage en dehors de la voiture. Mais venait maintenant le moment de retourner sur mon siège, et vu ma position, il me fallait éviter de placer un coup de coude là où il ne fallait pas… Me tortillant un peu, je parvins avec quelques difficultés à me rasseoir, et ce sans me tordre une jambe !

« haha, au moins, je me souviendrai de ce voyage en voiture... »

Enfin bien installé dans mon siège, je rangeai mon portable dans la poche de mon pantalon, et regardai, à tout hasard, si le temps ne se calmait pas. Et bien évidemment, l'orage semblait décidé à nous coincer dans ce petit tacot pour encore un bon moment. Et en plus de ça, la pluie avait considérablement affranchi le temps. Il ne faisait pas un froid de canard, mais disons que je ne m'étais pas habillé au mieux pour ce temps. Un bête t-shirt n'allait pas me couvrir. Et mon pauvre tacot n'avait jamais eu de chauffage… Il était clair que je ne sortirai pour rien au monde. Ce n'était donc absolument pas le moment d'avoir envie de pisser ! On y pense pas, et on attend que ça passe.

Je m'étirai légèrement le bras, avant de baisser à mon tour mon siège. Je regardai vaguement à l'arrière de la voiture, sans doute en quête d'un truc pour m'occuper. C'est ainsi que j’aperçus ce qui semblait être une guitare, dans les affaires de mon compagnon de fortune.

« Donc tu joue de la guitare ? »

De mon côté, j'avais, il y a fort longtemps, eu droit à des cours de piano. Je n'avais pas vraiment choisi, mes parents avaient insisté. Et j'avais arrêté à la première excuse, préférant jouer dehors comme tous les enfants de mon âge.
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Merry Wallace
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Dim 21 Aoû - 19:43
Au début tendu, l'homme dans les bras de Merry se détendit et rit. Ce fut un réel plaisir pour ses oreilles. Visiblement toutefois, il n'était pas habitué de laisser tomber le carquois dans lequel "l'espace personnel" est sacré. Toucher un inconnu est difficile pour bien du monde, d'autant plus si c'est seulement que pour rire. Le roux était heureux que le blond se détende finalement et laisse libre court à ce brin de folie qui se trouve en chacun de nous, d'autant plus que cela aida réellement le mail à se rendre à bon port.

Quand Nils tenta de se replacer, Merry surveilla sa manœuvre afin que rien ne lui obstrue le chemin. Chose faite, il se replaça lui-même dans son siège, le sourire aux lèvres, le cœur léger. Les dessins abstraits qu'il avait fait dans la fenêtre étaient déjà embués, l'humidité dans ces dernières commençait à se condenser et à rouler en de grosses gouttes. Le silence fut léger, ses pensées volatiles, jusqu'à ce que Nils reprenne la parole, le questionnant sur la raison même des battements de son coeur, sa guitare.

Dans son siège, il se retourna le plus possible sur le côté, s'appuyant quand même confortablement afin de faire face à Nils.

"Oh oui. C'est mon gagne pain, ma seule compagne dans la vie. Quand tout le monde pars et viens autour de moi, elle reste. C'est ma seule possession et ma plus grande muse. Je suis mort à côté d'elle et je revis à ses côtés encore. On a tous quelqu'un ou quelque chose comme ça, je pense. "


Il s'arrêta et fixa Nils, le détaillant du regard avec quand même un certain sérieux.

"Toi. Dis-moi ce qui te passionne dans la vie. Parle-moi de toi, beau Nils blond, propriétaire de bar qui aime voir la tempête de l'autre côté d'une fenêtre avec un chocolat chaud à la main. "


La pluie commençait à baisser, même si l'électricité n'était toujours pas revenu.
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Nils Erling
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Lun 22 Aoû - 22:09
J'étais plutôt étonné de voir à quel point on pouvait être attaché à un seul objet, mais en y repensant, ne l'étais-je pas moi même avec mon bar. Après, que je sois vivant ou mort, j'ai toujours été derrière un comptoir, et c'est mon gagne pain. Je considérai donc que c’était un peu le même sentiment que l'on partageait, même si moi ne pouvais pas emmener mon bar partout avec moi. J'approuvai donc d'un signe de tête. J'étais quand même assez touché, car même si j'aimais bien mon bar, jamais il ne me viendrait à l'idée d'en faire une telle éloge.

Merry me fixa alors, et me demanda alors ce qui me passionnait, à sa manière qui était, on peut le dire, étrange. Outre sa question étrangement formulée qui ne passa point inaperçue à mes oreilles, c'était vraiment une colle pour moi. Après tout, ma routine était bien ficelée : elle alternait entre boulot et balade en ville en général, si je ne restais pas pioncer dans mon appartement. Qu'est ce que j'aimais bien faire alors ? Au final, je n'avais qu'une seule réponse : écouter les autres. Sans doute leur vie était plus passionnante que la mienne… Mais j'étais assez gêné à l'idée de passer pour quelqu’un de bien ennuyeux, comparé à cette vie bohémienne faite de voyage et de chanson. Je regardai alors à l'extérieur, où la pluie commençait à se calmer, comme si les gouttes d'eau s'écrasant sur la vitre allaient me donner une illumination. De toutes manières, je ne savais pas mentir, donc, soupirant, je lui répondis tout simplement :

« Pour reprendre tes mots, je ne fais pas grand-chose à part observer et écouter les autres, derrière mon comptoir. J'écoute les autres, leur donne des conseils, et avec les cocktails, c'est sans doute les seules choses que je sache faire ».

Je préférais me concentrer sur mes mains, dans une tentative vaine d'échapper mes pensées vers autre chose. J'allais sans doute passer pour un stalker ou je ne sais quel autre fou qu'on aimerait bien éviter.
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Merry Wallace
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Mar 23 Aoû - 4:27
Le sourire s'estompa des lèvres de Merry à mesure que parlait Nils pour laisser place à une expression très douce, mais pensive. Dans sa tête, il ne pouvait que l'imaginer dans une ambiance feutrée et chic, agitant quelques drinks pour une âme festive, tantôt une âme perdue. Oui, cette vision lui plaisait et semblait bien aller avec ce qu'il percevait de lui jusqu'à une certaine limite. Pour l'instant, il enviait presque les clients de Nils qui avaient la chance de voir en lui un homme décontracte, sans doute plus que présentement. Il sentait en ce moment même que quelque chose bloquait le barman. Étais-ce sa désinvolture, la situation?

Sa main encore tatouées de hennée alla une fois de plus bercer quelconque goûte d'eau dans la fenêtre.

"Pour un gars qui dit être bon juste à une chose, je trouve pourtant que tu as l'air d'être capable d'en dire bien davantage. Ça serait hyper triste que tu sois bon qu'à une chose. "


Merry avait remarqué cette soudaine attention pour ses propres mains qu'il regarda un instant lui-même. La forme en était similaire à la sienne, à la grande différence que celle de l'itinérant étaient blessées par les épreuves, endurcies et certes beaucoup moins fragile que celles du barman.

" Je ne dis pas par là que ton grand coeur n'est pas admirable, loin de la. Tu es surement le meilleur barman en ville, mais j'ai du mal à t'imaginer juste être ça et rien d'autre. Et par là, je veux dire rien d'autre hors du travail. Comme présentement. Tu m'as l'air de te retenir de dire ou faire quelque chose. Quoi... ah! ça je l'ignore. C'est peut-être juste un sentiment, aussi. "
ajouta-t-il avec légèreté, mais quand même un grand sérieux.

Un paquet de gomme traînait non loin de lui, Merry prit la liberté de s'en prendre un carré sans gêne.



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Nils Erling
Gérant du Quiver - Barman - Habitant
Mer 24 Aoû - 22:18
Je haussai bêtement des épaules, ne sachant pas quoi répondre. Depuis que j'en avais l'âge, je travaillais dans un bar, et j'y écoutais les clients, nid à histoires sans fin, que je notais ensuite sur deux trois calepins quand elles me semblaient intéressantes. Mais ça s'arrêtait là…

« Navré de te décevoir, mais déjà, je ne pense pas être le meilleur barman de la ville. Je suis doué certes, mais ce n'est qu'une question de recette. J'ai juste une bonne mémoire. Entre ça et les quelques conseils que je donne à des clients souvent ivres ou dépressifs, je n'ai pas d'autres cordes à mon arc. En fait,c'est surtout un manque de motivation, même quand quelque chose m'intéresse, je laisse tomber avant même de commencer…»

Et cela avait été ainsi pour tout, au grand damne de mes parents. Les études, les cours de piano, tous les sports que j'ai pu essayer… Je préférais traîner avec mes amis, lire ou encore m'amuser. On pourrait penser que j'étais un parfait irresponsable, je pense plutôt que je suis sélectif dans ce que je fais. Et au final, quand on voit le résultat écrasé par une voiture, je me dis que j'ai bien fait de ne pas passer mon temps dans des études pénibles qui n'auraient fait plaisir qu'à mes parents…

Surveillant toujours le ciel, la pluie s'était réduite de moitié, et je décidai donc de redémarrer la voiture.

« Je pense que le plus gros de l'orage est passé, autant en profiter ».


En espérant que cela ne soit pas juste une fourberie de ce ciel pour me piéger au milieu de l'autoroute.
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Merry Wallace
Itinérant - Habitant
Lun 29 Aoû - 5:43
Aussitôt avait-il entendu les mots du barman que Merry commença à cogiter.

"Un manque de motivation, hein... "


Sa vie se repassa dans sa tête, cette parcelle du moins où il avait habité chez ses parents, la période durant laquelle il avait le plus manqué de motivation comme il était loin d'être dans son élément de confort.

Il rattacha sa ceinture, prêt au décollage.

" En fait, je vais te poser une question, mon beau blond... Et entre inconnus, on peut je crois se dire les vrais choses. Et une réponse hâtive n'est pas une réponse. "


Il s'écrasa confortablement, regardant la chaussée.

"Est-ce que tu es heureux? "
demanda-t-il avec cette sérieuse légèreté que seul lui était capable d'avoir, une question piège demandée avec le sourire sur le ton de quelqu'un qui commande un drink, son esprit toutefois en marche.

En son fort intérieur, il se disait que Nils répondrait oui alors qu'il ne l'était pas vraiment. La société était un de ces carcans qui te poussent à te dire heureux alors que tu n'as qu'une place à occuper, qu'elle te plaise ou non, qu'elle soit adapté à ton type de personnalité ou non. L'argent est traître et mène le monde par le bout du nez. Merry l'avait compris et était heureux.

S'il avait été dans une autre position que celle-ci, il aurait sorti sa guitare pour accompagner la conversation, mais l'étroitesse de la petite voiture de Nils ne le permettait pas. Dieu merci, cette voiture le ramènerais à destination au sec et sans la fatigue qui viens avec, même si elle venait avec ses inconvénients.

Comme un peu tout, dans le fond.
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Nils Erling
Gérant du Quiver - Barman - Habitant
Lun 29 Aoû - 20:19
Les doigts à nouveau crispés sur le volant, prêts à dompter cette bête capricieuse au moteur vrombissant, je relançai mon tacot sur l'autoroute, écoutant à demi ce que Merry racontait. Cela ressemblait plus à une remarque après tout. C'est surtout la phrase suivante qui attira mon attention. Et pour le coup, je m'attendais au pire. Je le regardai du coin de l’œil, intrigué par la fameuse question que je devais au combien prendre au sérieux.

Est-ce que j'étais heureux ? Sur le moment, comme un blanc apparu dans mon cerveau, plantage système… J'avais tourné la tête dans sa direction, le regard interrogateur. La bande d'alerte sonore au bord de la route m'indiqua qu'en plus de fixer mon passager, mes mains tournaient dans sa direction aussi. Un petit coup de volant à gauche, petite bousculade dans la voiture, tintement du verre à l'arrière, j'étais revenu sur le droit chemin, le souffle un peu espanté. Je lui lançai un sourire gêné, le regard ne déviant plus de la route, légèrement honteux de ma distraction. Et légèrement catastrophé d'avoir failli assisté à un deuxième accident de voiture. Vu ce qu'avait donné le premier, je n'avais guère envie de recommencer.

Donc est-ce que j'étais heureux ? En soit, je n'avais pas trop à me plaindre, j'avais un toit, un boulot que j'aimais bien, je n'étais en manque de rien. Mais Merry avait mit le doigt sur une chose : malgré tout ce que j'avais, j'avais quand même ce sentiment qu'il manquait quelque chose. La réponse la plus probable serait : je pourrais être plus heureux. Ou plus malheureux… Dans le doute, ma réponse fut :

« Et bien disons que je ne suis pas malheureux. Mais de là à dire que je suis heureux… Je pense que je peux faire mieux… Et toi ? Tu te sens heureux ? »

J'essayai de dériver sur un autre sujet, ayant comme la nette impression d'être le centre de la question.
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Merry Wallace
Itinérant - Habitant
Jeu 1 Sep - 6:14
Tout simplement, Merry reconnu directement, tel une projection lugubre, ce qu'il aurait pu devenir s'il avait fait tel que normes autour de lui l'avaient exigé. Certes il était mort de son itinérance, la maladie l'ayant emporté alors qu'il était étendu sous un pont sans soins médicaux, mais il avait eu une vie bien heureuse avant cela.

Son regard resta plongé sur Nils, comme s'il le dévorait tout entier de ses yeux, compatissant. Puis il s'exclama :

"Oh! Bien sur que je le suis. Tous les jours. Je me lève libre, je me couche libre. Depuis que je suis séparé de ma troupe, je suis seul par contre et je trouve le réconfort dans des gens comme toi, quelques heures par jour. Mais sinon, oui, je suis heureux. J'ai pas toujours à manger, mais si j'ai envie de marcher jusqu'à la plage, à des heures voir des jours de là où je me trouve, je le fais et rien ne m'en empêchera. Les gens sourient en écoutant mon art et me fournissent quelques dollars pour manger. Je ne suis pas compatible avec le carcan dans lequel la société nous enferme. Tu travailles moins d'heures, t'es un fainéant. Plus, tu deviens malade et ne voit pas ta vie passer. Tu travailles encore plus, le gouvernement te prends ton argent pour que tu sois égal aux autres. Pour quoi faire? pour la donner à des gens qui eux travaillent pas et qui croient que le monde leur est dû. Au final, j'aurais surement fini dans un métier dans lequel je me sent ordinaire à déprimer et rêver de grandeur, si j'avais décidé d'adopter un mode de vie matérialiste et endoctriné. " termina-t-il, son regard intense sur Nils afin de boucler la boucle avec la réponse qu'il lui avait précédaient offert sur la question de son bonheur.

La voiture fit beaucoup de bruit tout à coup, mais il ne s'en rendit pas compte sur le coup. Autour d'eux, le soir était tombé et tout était d'un noir opaque comme l'électricité partout manquait.

" En fait, tu connais Beaudelaire? Plus je parle, plus je pense à ce poème. J'ai beaucoup voyagé, j'ai fait le tour du monde et je reconnais quelques conclusions de mon errance dans ses mots.
Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir, coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Amer savoir, celui qu’on tire du voyage !
Le monde, monotone et petit, aujourd’hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image :
Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui !



La voiture décélérait dramatiquement.

Le poète se redressa dans son siège, aux aguets.
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Nils Erling
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Sam 3 Sep - 1:43
Le regard perdu sur la route qui défilée sous mes yeux, j'écoutais vaguement mon compagnon de voyage me dire à quel point il était heureux. Un point de vu que je ne parvenais pas à comprendre. Il semblait manquer de tellement de chose, et tout avoir par la même occasion. C'était donc à ça que ressemblait une vie en dehors du système. Une vie qui ne me parlait pas, qui me semblait trop lointaine, un trop grand sentiment d'insécurité en émanait. Trop habitué à ne manquer de rien, à être au chaud, bien manger, n'avoir à demander à personne de l'aide, gagner ce dont j'avais besoin par mon travail, aussi contraignant pouvait-il être.

Le regard insistant de Merry sur ma propre personne me mettait assez mal à l'aise. C'était s'il insinuait que j'étais prisonnier et malheureux, comme si j'étais jugé sur ma capacité de vivre, ce qui était plutôt déconcertant.

Le bruit du moteur devenant chaotique me sortit de mes pensées, un œil se jeta sur les voyants de ma petite voiture. Tout semblait en règle. Où était le problème ?

C'est le moment que choisit Merry pour me parler de Baudelaire, et me réciter un de ses poèmes. Je n'arrivais vraiment plus à le suivre, cet homme allait au-delà de tout ce que je concevais dans la réalité humaine.

Plus les vers glissaient, plus la voiture ralentissait. Je me rendais à l'évidence que mon tacot était vraiment un bel enfoiré qui ferait tout pour que je ne rentre pas chez moi ce soir. Je glissai la voiture sur le bas coté avant que celle-ci ne s'arrête définitivement, au point mort, dans une dernière pétarde.

Je gardai le silence, mon calme, et tout ce que je pouvais pour ne pas tout casser dans cet espace exigu, cette machine du diable et meurtrière. Donc c'est tout naturellement que je viens frapper ma tête contre le volant à plusieurs reprise, le klaxon chantant en rythme, désespéré. Et en plus il faisait nuit. Que quelqu'un m'achève.
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Merry Wallace
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Sam 3 Sep - 3:32
En fait, Nils avait zéro l'air d'avoir écouté ce qu'il lui avait dit et c'était tout à fait comprenable vu la situation. Peut-être avait-il détecté même avant lui que sa voiture n'allait vraiment pas bien. Fort malheureusement, Merry n'avait aucune idée de comment on bidouille ces engins-là.

La pauvre tête blonde du barman heurta violemment le klaxon qui s'exprima au rythme des secousses.

"Bon, topo de la situation... on a deux choix : soit on appelle une dépanneuse, soit on marche. Non, pardon, troisième choix, on peut dormir ici. Quatre, on fait du stop aussi. Ensemble, cette fois-ci."


Merry se demandait vraiment quelle option était profondément la meilleure. Son petit doigt lui dit que sûrement Nils préférerais dormir ici avec sa précieuse cargaison et ses possessions, au sec et au chaud. Le vagabond resterait avec lui si tel était le cas, dans tous les cas en fait, ne se sentant pas à l'aise de laisser dans la nuit un mec qui justement ne connaît pas la nuit.

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Nils Erling
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Sam 3 Sep - 17:28
Je tournai légèrement la tête vers Merry, toujours appuyé contre mon volant, un air désespéré dans le regard. Lui au moins arrivait à rester calme. Lentement, je me redressai, pour m'appuyer complètement contre mon siège. Je soupirai un bon coup puis souris à mon compagnon de fortune.

« Je dois t'avouer que je ne sais pas comment tu fais pour être aussi enthousiaste et heureux. Je sais pas ce que s'est de manquer de quelque chose, donc je ne sais pas si je pourrai m'y habituer. »


Distraitement j'attrapai mon téléphone, reconnue vaguement l'heure tardive, et surtout que la batterie allait lâcher dans peu de temps... Cela m'apprendra à oublier de le charger. Je l'éteignis, sauvant peut être le peu de batterie restante, même si je doutais du fait qu'il se rallume. Soupirant une dernière fois je repris la parole :

« Donc, je pense que je vais dormir ici, si tu veux faire de même, je serais ravi d'avoir de la compagnie… Tu comprendras que ce n'est vraiment pas dans les habitudes de dormir ici ».

Quitte à dormir ici, sans manger, une autre première pour fois, autant se mettre à l'aise. Je défis la ceinture, me mis à genoux sur mon siège et partis fouiller les cartons à l'arrière.

« Tu as une préférence ? Quitte à rester là et papoter, autant se partager une bouteille. »
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Merry Wallace
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Sam 3 Sep - 18:02
Le simple trajet de retour vers la ville se transformait en aventure, ce qui ne manqua pas de faire sourire intérieurement l'itinérant. Nils avait l'air sur le point de se tirer une balle, mais en même temps, son "lâcher prise" semblait meilleur qu'il ne l'avait envisagé. Merry aurait aimé trouver une solution pour que le citadin puisse trouver davantage de confort et une solution pour qu'il puisse revenir rapidement en ville, mais visiblement, il n'y en avait aucune sans laisser la voiture ici. L'obscurité rendait les choses difficiles.

Les paroles de Nils furent loin de le gêner sur sa situation, mais l'itinérant se demandait comment formuler sa pensée. Le temps qu'il y réfléchisse et Nils s'était retourné vers son stock d'alcool. Quelque chose le fascina de la façon dont la silhouette longiligne de Nils se pencha pour aller récupérer la bouteille. À savoir quoi...

"N'importe quoi, fais-moi goûter celle que tu préfères, tiens. Je ne connais pas surement les mêmes choses que toi. "


Comme il l'avait fait à la station service, Merry se remit à l'aise dans la voiture, détachant sa ceinture de sécurité.

"En même temps, pas obligé de dormir dans la voiture, puis à moins que tu ne la laisses sur les feux d'urgence, c'est relativement dangereux de dormir ici. J'ai une tente dans mon sac, on pourrait la monter et s'y installer, même si on y serait à l'étroit. Qu'en dis-tu? Ça serait plus sécuritaire. Les voitures passent très vite ici et je doute qu'éteinte, la tienne soit tant visible."
demanda-t-il en farfouillant ses poches pour trouver ce paquet de cigarette plein toujours emballé de son plastique qu'il avait à tout hasard trouvé par terre.
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Nils Erling
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Sam 3 Sep - 20:04
Je fouillais dans mes cartons, à la recherche d'une bonne bouteille. Ne pouvant pas faire de cocktail, ça allait être pur, donc au final,des bières seraient le mieux, ou peut être une bonne petite bouteille de vin. J'optai pour la deuxième option, et sortis de mon carton une belle bouteille au verre verdâtre. Un bon vin que j'avais déjà eu l'occasion de goûter.  C'est le bon point quand on a un bar assez côté : on vous envoi toujours des bouteilles échantillons.

« Un bon vin, ça te tente ? Je n'ai pas tout ce qu'il me faut pour faire au mieux, ça me semble le meilleur choix. Par contre, je n'ai pas de verre, faudra faire sans.»


Je m'installai à nouveaux sur mon siège, réfléchissant maintenant aux propos de Merry sur la marche à suivre. Rester dans la voiture était dangereux ? Même dans une voiture on n'était pas à l'abri des autres voitures. C'est fourbe, une voiture. Cela impliquait donc d'aller dormir sous une tente, dehors -déjà bien heureux d'avoir une tente à disposition- et sous la pluie ?

« Je présume que tu as raison… Va pour la tente, mais… ça ira sous la pluie ? »


Je sortis les clés du contact, et regardais une voiture passé non loin de nous. Même si avec la pluie, elle n'allait pas à pleine vitesse, c'était effrayant de se dire qu'une erreur d’inattention pouvait coûter cher.
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Merry Wallace
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Sam 3 Sep - 20:19
Ayant attendu l'approbation de Nils, aussitôt qu'il l'eut, Merry se mit lui aussi à genoux sur son siège pour pouvoir aller récupérer son gros sac.

"Génial, le vin, il y a très longtemps que j'en ai pas bu. Puis ça a son charme de le boire au goulot, alors ne t'excuse pas de ne pas avoir de verre. "


Un grognement plus tard, il tira son sac et ouvrit la portière. La nervosité de Nils était palpable, raison pour laquelle aussitôt sorti du véhicule, sans demander d'explication, Merry alla de son côté et lui ouvrit la portière. Un geste semblable pouvait passer pour de la galanterie. L'itinérant ingorait bien pourquoi il le sentait nerveux et passerait au prochain sujet.

"Allez, je vais préparer le campement. Ma tente est hydrofuge, au fait, on aura pas de problème et je la sèche bien tous les jours donc elle devrait être correct aujourd'hui. Tu ne t'attendais pas à faire du camping cette nuit, pas vrai?"
demanda-t-il avec le sourire.

Merry n'en avait pas parlé, mais il trimballait avec lui quelques vivres, aussi.

Aussitôt ne craignait-il plus pour Nils qu'il parti vers les bois, ses amis de toujours, à la recherche d'une bonne place pour camper. La nuit était son amie, il se sentait à l'aise d'y naviguer. Pas trop loin de l'autoroute mais quand même en sécurité, il dénicha une place sympa entre deux arbres et se mit à dresser le camp en sifflotant joyeusement.
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Nils Erling
Gérant du Quiver - Barman - Habitant
Sam 3 Sep - 20:59
Je fus surpris de voir Merry venir m'ouvrir la portière, mais j'en profitai pour m'extirper de la voiture, et me glisser sur le bas coté, à l'abri. Je le laissai partir monter le campement, prenant mon temps pour fermer la voiture, et fouiller dans mon coffre à la recherche de quoi que ce soit d'utile. Mais à part la roue de secours coincée sous les cartons, il n'y avait vraiment rien dans ce coffre. Je n'étais vraiment pas prêt pour un camping. Je n'ai jamais campé de ma vie bon dieu !!!

Je refermai donc le coffre et partis à la suite de Merry dans les bois. Ma bouteille entre les bras, ceux-ci croisés sur moi même pour me tenir chaud, je devais avoir l'air malin, dans ce milieu si inhabituel pour moi. Dans la pénombre, un mouvement me permis de retrouver Merry, entre deux arbres. Heureusement que l'orage s'était calmé, c'était vraiment pas conseillé de rester sous un arbre par une nuit d'orage. Même si j'étais nul en camping, je savais ce qu'il ne fallait pas faire sous un orage ! Croisons les doigts pour qu'il soit bel et bien terminé.

«Besoin d'aide peut être ?»


Je ne savais pas vraiment quoi faire pour aider, boulet de service ne sachant pas monter une tente, ni allumer un feu sans allumette ou briquet. Mais vu le temps, le feu n'était pas vraiment une option.
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Merry Wallace
Itinérant - Habitant
Sam 3 Sep - 21:17
"Rien! Tu es VIP ce soir, j'invite rarement des gens à dormir chez moi. "

Merry ne se lassait jamais de présenter la chose ainsi aux quelques rares gens qui venaient le rejoindre dans son milieu de vie. Sa tente fut montée dans l'instant, il déroula son sleeping bag qu'il avait lavé le weekend même dans l'eau d'une sublime rivière avec du vrai savon à vêtements. Tout son stock sentait bon. C'était plutôt exceptionnel, mais de temps en temps ça chassait le méchant.

Par dessus la toute petite tente une place, il attacha sa bâche pour qu'ils puissent avoir un abri potable. Pour l'instant il ne pleuvait pas, mais on ne sait jamais.

Tout juste à côté du campement, il y avait une souche couchée bien solide. Merry prit son sac vide, le posa sur la souche et s'assit non pas dessus, mais à côté, ne voulant pas que le citadin soit assis dans l'eau. Entre eux deux se trouvait un sac avec quelques vivres comme des pommes, du fromage, du pain, des noix et des framboises qu'il avait lui-même cueilli sur des plants sauvages en route.

"Tiens, assieds-toi la dessus. Tu vas être confortable. On a quelque chose pour ouvrir la bouteille?"
demanda-t-il d'un ton jovial.



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